Aincrad et Fairy Dance (anime)

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Sur Geek-It, quand on s’attaque à un sujet, on le fait à fond. Nous vous avons déjà présenté les light novels de Sword Art Online, c’est maintenant au tour de l’anime tiré des deux premiers arcs (Aincrad et Fairy Dance) de passer sous notre loupe et de se faire examiner !

Attention, cet article contient des SPOILERS.

Informations techniques

Titre original : Sword Art Online

Arc 1: Aincrad

Arc 2 : Fairy dance

Date de sortie : 07 juillet 2012

D’après le light novel de : Reki Kawahara

Design original des personnages : abec

Réalisateur : Tomohiko Ito

Producteur : ASCII Media Works, Aniplex, Namco Bandai Games, Genco

Studio d’animation : A-1 Picture

Musique : Yuki Kajiura

Genre : Science-fiction (anticipation)

Épisodes : 25 (14 pour Aincrad, 11 pour Fairy dance)

Statut : Terminé (pour ces deux arcs)

L’histoire

Japon, année 2022. Une nouvelle génération de console a vu le jour : le Nerve Gear. Constituée d’une sorte de casque qui recouvre la tête du sommet du crâne au menton, elle transmet les informations directement au cerveau de l’utilisateur. Coupé de son propre corps, le joueur est alors complètement plongé dans le jeu et profite de ce que l’on appelle une « immersion complète ».

Sword Art Online, abrégé SAO, est le premier MMORPG profitant de la technologie de l’immersion complète. Enthousiasmés, près de dix mille joueurs se sont connectés dès la mise en service du serveur et explorent ce nouveau monde, une forteresse volante de la taille d’un monde nommée Aincrad.

Mais l’euphorie vire au cauchemar lorsque le créateur du jeu, Akihiko Kayaba, apparaît soudain devant tous les joueurs réunis pour faire une annonce : « vous êtes bien dans un jeu vidéo, mais vous n’êtes plus là pour jouer ». La déconnexion n’est plus possible et, si la barre symbolisant les points de vie d’un joueur tombe à zéro, il mourra non seulement dans le jeu, mais également dans la réalité, car son Nerve Gear lui grillera automatiquement le cerveau. Même chose si quelqu’un de l’extérieur tentait de les déconnecter de force ou de leur enlever leur casque. S’ils veulent quitter le jeu et retrouver la vie réelle, les joueurs devront conquérir les cent étages d’Aincrad, et vaincre les différents ennemis qui se dresseront sur leur route.

L’Arc Aincrad de Sword Art Online raconte la conquête de la forteresse par les joueurs, ainsi que le combat final pour retrouver la réalité.

L’Arc suivant, Fairy dance, se passe dans un autre VRMMO, nommé Alfheim Online, mais on y retrouve plusieurs personnages principaux de l’arc Aincrad, lancés cette fois à la recherche d’un des leurs, qui ne s’est pas réveillé comme les autres à la destruction de la forteresse volante d’Aincrad.

L’adaptation : Aincrad

Illustration de l'anime aincrad de sword art online

Quelques personnages de l’arc Aincrad

La narration de l’arc Aincrad se démarque de son original light novel par son strict respect de la chronologie. Cette fois, les « quêtes secondaires » sont intégrées dans la trame et on suit vraiment les évènements dans la même succession que celle vécue par les personnages. Le scénario est très proche du light novel, mais intègre tout de même une « histoire bonus » en deux épisodes qui permet d’introduire plus fluidement la notion de « player kill » (meurtre de joueur) tout en faisant apparaître quelques aspects de l’Aincrad qu’on ignorait encore.

Comparé au light novel – donc un livre – l’anime ne peut plus se permettre de développer autant l’aspect psychologique. En effet, impossible de rendre les longues réflexions du héros à l’écran sans casser irrémédiablement le rythme et pousser les pauvres spectateurs à s’endormir. Autre difficulté, les descriptions permettant de clarifier tel ou tel point de scénario ou aspect technique lié aux jeux-vidéos ne sont également plus permises, à nouveau pour des questions de rythme. Autant de défis que l’équipe qui a travaillé sur l’anime a su relever avec talent.

Les explications nécessaires à la compréhension du spectateur, au lieu d’être livrées en pavés qui casseraient l’ambiance, ont été éparpillés à travers tout l’anime. Par exemple, le statut « immortal object » (littéralement « objet immortel »), accordé à certains objets et personnages impossibles à détruire ou tuer, a été tout simplement inséré un peu partout dans l’anime, et ce dès le début. Kirito s’écrase dans un mur ? Une discrète notification « immortal object » apparaît en violet sur le mur en question, qui malgré la violence de l’impact ne montre pas une seule éraflure alors que le héros se relève égratigné de partout. Et ainsi de suite, si bien que le spectateur intègre presque inconsciemment cette information et, du coup, sans besoin de longue explication, il peut s’étonner en même temps que les personnages lorsque la notification apparaît là où elle ne devrait pas.

Si l’importance de l’aspect psychologique doit reculer, l’anime développe par contre l’impression d’immersion dans l’histoire. Musiques, effets à l’image simulant une vue à la première personne, le spectateur est beaucoup plus pris dans une situation qui apparaît soudain bien plus vivante, plus « réelle », que lorsqu’elle est lue dans un livre.

L’adaptation : Fairy dance

Les principaux protagonistes de l'arc Fairy Dance

Les principaux personnages de l’arc Fairy Dance

Comme pour Aincrad, c’est l’aspect immersif qui est mis en avant grâce à ce média. L’image, le respect de la chronologie des évènements et les musiques permettent de se projeter plus facilement dans l’univers que par le biais des light novel, mais on peut regretter le fait que les petits détails qui faisaient le charme du premier arc (vues à la première personne, statut des objets s’affichant sans forcément être mis en avant) aient été abandonnés, donnant un aspect un peu moins abouti au second arc.

Alfheim Online, le jeu qui occupe cet arc, n’étant pas un jeu où la mort de l’avatar équivaut à la mort du joueur, les combats entre joueurs sont forcément plus présents et moins retenus. On pourra remarquer au passage de la part des dessinateurs un excellent travail au niveau des expressions des personnages : on remarque tout de suite la différence entre les joueurs « lambda » qui voient Alfheim comme un jeu, et les joueurs du genre Kirito qui prennent vraiment le combat à cœur – et qui ont des expressions à faire peur parfois tellement elles sont intenses. On peut déplorer par contre que l’adaptation à l’écran ait forcé le côté « sanglant » : en effet, si dans Aincrad quelques polygones rouges volaient, dans Fairy dance c’est un véritable geyser de polygones qui fuse, donnant l’impression de voir jaillir des litres d’hémoglobine.  Plutôt moyen selon moi.

Au niveau du scénario, pas d’ajouts propres à l’anime. Au contraire, l’histoire principale est raccourcie. Premièrement, toute la partie de l’aventure se déroulant au Jötunheim (niveau souterrain s’étendant sous Alfheim) disparaît. C’est effectivement une partie qu’on peut qualifier de secondaire dans le récit, mais elle donnait plus de consistance au monde d’Alfheim Online, et elle représente tout de même, en nombre de pages pur, presque un quart du second tome de l’arc Fairy dance, ce qui prouve bien son importance.

Plus dérangeant, une partie de la fin de l’arc a été également supprimée. Dans le light novel, lors du second « combat final » qui se déroule dans le parking de l’hôpital contre Sugô, Kazuto, après avoir laissé son adversaire vaincu dans le parking, ne va pas voir directement Asuna. Il va au bureau des infirmières et annonce qu’il s’est fait agresser. Il illustre ainsi très clairement la rupture entre le monde virtuel, où tout se réglait à coups de lame, et la réalité, où il laisse les autorités compétentes régler le problème. L’auteur montre donc son héros (qui n’a que 16 ans, rappelons-le) passant le relai aux adultes une fois qu’il a fait tout ce qu’il pouvait. Dans l’anime, ce passage ayant été supprimé, les distinctions entre règles du monde réel et règles du monde virtuel s’effacent. Kazuto est montré comme un noble justicier qui épargne Sugô de sa propre volonté avant de continuer son chemin – en laissant au passage monsieur le psychopathe parfaitement libre de s’enfuir une fois qu’il se sera réveillé. Selon moi, le message de l’auteur s’en retrouve à ce moment faussé pour tous ceux qui regardent l’anime sans avoir d’abord lu le light novel : Kazuto se voit confirmé dans le monde réel dans son statut de héros et obtient le droit de vie et de mort sur autrui sans que personne ne trouve quoi que ce soit à y redire – un héros heureusement très humain malgré tout ce qu’il a subi.

Vous me direz que je pinaille et qu’on peut voir ce passage comme sous-entendu tout simplement, mais c’est parce que le reste de l’anime est de qualité que je me permets de pinailler, justement ! Et puis, c’est pas si souvent que le héros ne règle pas tout tout seul et passe le relai à la fin, donc ça aurait apporté un peu de variété dans le paysage des animes. Mais bon, budget ou temps oblige, on n’a pas toujours le temps de tout montrer dans un anime, donc ils se sont concentrés sur la moitié du message. Ca fait grincer des dents aux puristes du light novel dans mon genre, mais ça reste très bien.

Avis de la rédaction

Mikaua : Entre les deux arcs de cet anime, il y a une certaine disparité, plus marquée qu’entre les deux arcs de light novels. Une disparité qui tient pratiquement entièrement à Sugô, l’antagoniste du second arc, qui est un réel psychopathe pervers très malsain. En général, l’anime de Sword Art Online est franchement très bien fait. Il exploite les atouts offerts par le média pour offrir une toute autre expérience de l’histoire aux amateurs de l’univers de Sword Art Online, et on peut parfaitement le visionner après avoir lu les light novels sans pour autant avoir une trop forte impression de redite. Vraiment, on a là une très bonne complémentarité entre l’audio-visuel et l’écrit. Fairy dance laisse toutefois un peu plus sur sa faim, surtout en venant après un arc aussi bien réalisé que l’est Aincrad. On se sent moins happé dans l’histoire ; pire, elle met mal à l’aise dans l’avant-dernier épisode, lorsque la scène où Sugô s’en prend à Asuna s’étire sur de longues minutes au point d’en devenir réellement malsaine (quatre minutes pour être exact, mais sachant tout ce qu’on peut mettre en une minute d’audio-visuel, c’est long, trop long). Dommage pour cet arc 2 qui est du coup seulement presque aussi bon que le premier, la faute au fait que Sugô soit un méchant bien moins charismatique et sacrément plus dérangeant que Akihiko Kayaba.

Sources des images

Scans des coffrets DVD des deux premiers arcs

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3 Réponses

  1. 27 août 2016

    […] Art Online, ou SAO, a débarqué chez nous pratiquement simultanément sous forme de manga, d’anime et de light novel – cette dernière forme ayant précédé la création des deux autres. Un livre […]

  2. 27 août 2016

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  3. 20 juin 2017

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