anatèm / Neal Stephenson

anatèm est un roman de science-fiction qui enferme tous les scientifiques et philosophes dans des monastères et ne leur permet de contact avec l’extérieur qu’une fois tous les dix ans. Le jeune Fraa Erasmas va se retrouver bien démuni quand une énigme astronomique va le forcer à sortir du seul univers qu’il connaisse vraiment…

Couverture du tome 1 d'anatèm

Fiche technique

  • Titre exact  : [anatèm]
  • Titre original : Anathem
  • Auteur : Neal Stephenson
  • Genre : Science-Fiction
  • Nombre de volumes : 2
  • Première édition : 2008
  • Année d’édition française : 2018
  • Niveau : Très bon lecteur

Bibliochimie

Si un alchimiste voulait recréer ce livre dans son alambic, quelles choses pourrait-il utiliser comme ingrédient ?

– Des chercheurs enfermés dans un espace clos

– Un univers monastique n’ayant de contact avec l’extérieur que tous les dix ans

– Notre langue telle qu’elle le serait après quelques siècles d’évolution

A quoi s’attendre

Fraa Erasmas est un jeune homme vivant dans la congrégation de Saunt-Edhar. Cette congrégation abrite toute une communauté de Fraas et de Soors, qui partagent leur vie entre les tâches quotidienne liées au fonctionnement autarcique de Saunt-Edhar, et diverses recherches en mathématiques, philosophie et autres sciences. Erasmas fait partie des décénariens, c’est à dire que lui et ses frères ne sont en contact avec l’extérieur que quelques jours tous les dix ans, ce que l’on nomme l’Aperte, et respectent une strictement réclusion le reste du temps.

Le quotidien bien réglé d’Erasmas se retrouve chamboulé lorsqu’il se retrouve confronté à une énigme astronomique qui va toucher l’ensemble des congrégations comme la sienne et le forcer à quitter l’abri des murs familiers qui l’ont vu grandir. Si c’est l’occasion de se frotter au monde extérieur et d’apprendre à mieux le connaître, Erasmas se passerait bien de voir l’univers qui lui était si familier se désagréger devant ses yeux tandis qu’il est lui-même propulsé sur le devant de la scène.

Avis de la Rédac’

Mikaua – Autant vous prévenir dès le départ, anatèm va mettre vos neurones à très rude épreuve dans les cinquante à cent premières pages. Neal Stephenson, l’auteur, est non seulement diplômé en géographie et en physique, mais il est très doué en linguistique : il s’est non seulement amusé à placer l’intrigue de son roman sur une Terre alternative placée quelques siècles dans le futur, mais il a fait évoluer la langue en conséquence, à la fois dans le petit monde clos de la congrégation Saunt-Edhar et à l’extérieur. Donc, le temps d’assimiler les variantes orthographiques et d’ajouter les bonnes significations aux bons mots, surtout qu’on vous colle en même temps pas mal de concepts philosophies et d’autres sciences à assimiler, les débuts de la lecture d’anatèm sont difficiles, même pour les littéraires comme moi ! Heureusement, quelques paragraphes de dictionnaires placés ici et là vont venir à la rescousse des pauvres lecteurs perdus, et comme ce n’est qu’un paragraphe à la fois, c’est largement plus agréable à la lecture que les articles d’encyclopédie que colle un certain Werber dans ses oeuvres ! Outre la linguistique, le récit est plutôt bien construit, et l’univers est très crédible. Ne vous attendez pas à une SF avec des tirs de blaster dans tous les sens : ici, c’est la réflexion qui est à l’honneur, autant celle des personnages que celle du lecteur, et le rythme est en conséquence. Et si cet univers est une alternative au nôtre, les parallèles sont nombreux et l’auteur se permet donc une bonne dose de critique de notre société moderne, ce qui fait fleurir quelques sourires en coin tellement parfois c’est bien envoyé – comme quoi la science-fiction moderne n’a pas complètement perdu ses racines. anatèm est vraiment particulier dans son genre, surtout au niveau linguistique, mais si vous n’avez pas peur du vocabulaire obscur et des récits qui prennent leur temps, je vous recommande vivement ce roman , et d’autant plus qu’il a été publié dans la toute jeune collection « imaginaire » de l’éditeur Albin Michel (deux ans à peine cette année), qui jusque-là n’était pas franchement adepte des littératures de l’imaginaire.

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