Arcadia / Fabrice Colin

Et si le monde n’était qu’un rêve ? Une terre idéale baignée de féérie et de mythes en tous genres, dans laquelle les poètes et les peintres victoriens peuvent exprimer leur art à jamais sans craindre la vieillesse ou la mort. Difficile alors de comprendre les présages d’un mal millénaire qui s’éveille en menaçant d’engloutir ce monde et de réduire à néant tout ce qui a jamais existé.

Fiche technique

La couverture de l’intégrale de Bragelonne

  • Auteur: Fabrice Colin
  • Titre(s) français
    • L’intégrale : Arcadia
    • Dyptique : Vestiges d’Arcadia et La Musique du sommeil
  • Genre: Steampunk
  • Année : 1998
  • Pays : France
  • Niveau: Avancé

Bibliochimie

Si un alchimiste voulait recréer ce livre dans son alambic, quelles œuvres proches et autres choses pourrait-il utiliser comme ingrédients ?

– Un monde baignant dans les mythes et légendes arthuriens et gouvernés par les poètes et les peintres

– Un autre monde futuriste au bord de l’agonie dans lequel le chaos règne

– Une étrange connexion entre ces deux univers que tout oppose et qui semble sur le point de se briser

– Une fin des mondes qui semble inéluctable

Résumé

Dans un Londres de 1872 qui ne connaît ni le mal, ni la vieillesse, et qui existe uniquement dans un éternel présent, les artistes vivent un rêve éternel fait d’art, de musique et de poésie, sans se soucier du futur. Ce dernier est d’ailleurs tabou et personne ne l’évoque jamais, tout comme la mort, qui semble n’être ici-bas qu’un concept abstrait. Mais alors qu’un Mal s’éveille peu à peu, seule une poignée d’élus semblent comprendre la signification des signes qui annoncent la fin de toute chose.

Parallèlement, dans un Paris futuriste de 2012 à l’agonie, un groupe d’amis tente de survivre en sauvant le peu d’art qui reste encore en ce monde. Tous et toutes ayant arrêté de rêver, le monde semble s’arrêter de fonctionner petit à petit faute de motivation. Les gens disparaissent sans laisser de trace. Alors que tout semble perdu, d’étranges signes semblables à ceux du Londres de 1872 apparaissent un peu partout.

Même si les deux mondes semblent diamétralement opposés, quelque chose les relie et c’est cette chose qui est en danger, menaçant d’emporter leurs deux mondes avec elle.

Particularité d’écriture

La particularité principale de ces deux romans réunis en une seule œuvre est d’alterner les points de vue entre le Londres de 1872 et le Paris de 2012 par le point de vue des deux groupes. On comprend rapidement que ceux-ci sont liés et qu’ils partagent un futur commun qui permettra de sauver leurs mondes, du moins en apparence. Car si l’alternance des groupes est claire, le style employé par l’auteur l’est un peu moins. Les (nombreuses) références à des ouvrages ou des œuvres d’art, voire même à certaines musiques, tout comme aux auteurs de littérature, poésie et chefs d’œuvres musicaux, sont très difficiles à suivre pour un néophyte, qui se retrouvera perdu dès les premiers chapitres. En plus de ces allusions, le récit est un peu décousu et tout n’y est pas explicite. Il vous faudra certainement relire plusieurs fois l’œuvre pour en comprendre tous les aboutissants, particulièrement pour les derniers chapitres qui emploient des allégories et un symbolisme omniprésent difficiles à appréhender même pour les initiés.

Avis de la rédac’

Keul : S’il fallait résumer l’œuvre en un mot, j’emploierais celui qui est utilisé sur le quatrième de couverture : Onirique. Dire qu’Arcadia est difficile à suivre est un doux euphémisme. La première partie – qui correspond au premier livre du dyptique – est très décousue et faite d’évènements sans queue ni tête qui apparaissent et disparaissent au gré des humeurs de l’auteur. Alors oui, le Londres de 1872 est un monde de rêves et, en cela, les événements qui s’y passent peuvent tout à fait être improbables, mais il devient très très compliqué de suivre le fil rouge du récit. Le problème de la compréhension vient également des éléments employés. On confronte un univers post-apocalyptique futuriste à un monde préraphaélite du genre steampunk tout en y incorporant une allégorie divine à la Lewis Caroll légèrement remaniée, le tout lié par un monde onirique style Marches des Rêves du jeu de rôle INS/MV. Si le mélange paraît explosif, il en résulte un éparpillement de l’auteur dans des descriptions peu pertinentes et qui rendent le tout assez indigeste. Cependant, je suis certain qu’une personne portée sur cette période, férue d’art, de musique et de philosophie, et ayant une passion pour l’époque victorienne, saura apprécier toutes les subtilités de l’ouvrage et ainsi en apprécier toute la finesse. Au final, l’œuvre s’adresse un public de niche très spécifique, mais d’autres lecteurs pourront tout de même l’apprécier, pour autant qu’ils aient un minimum de connaissances sur l’univers steampunk.

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