De l’or pour les braves

Si je vous dis : « film d’action mettant en scène une équipe de déjantés voulant réaliser le casse du siècle, menée par un chef charismatique et beau gosse » vous me répondez : Ocean’s Eleven.

Faux ! Aujourd’hui on parle vieux film de guerre avec Clint Eastwood avec « De l’or pour les braves »

Fiche technique

L’affiche du film

  • Titre : De l’or pour les braves
  • Titre original : Kelly’s Heroes
  • Réalisation : Brian G. Hutton
  • Scénario : Troy Kennedy-Martin
  • Société de production : Metro-Goldwyn-Mayer
  • Musique : Lalo Schifrin
  • Photographie : Gabriel Figueroa
  • Décors : John Barry et Aleksandar Milovic
  • Pays d’origine : États-Unis, Yougoslavie
  • Langues originales : anglais, français et allemand
  • Genre : Guerre, comédie
  • Durée : 144 minutes
  • Dates de sortie : 23 juin 1970 (États-Unis), 26 février 1971 (France)

Synopsis

De l’or pour les braves, sorti en 1970, met en scène un groupe de G.I. désabusés lors de l’offensive américaine qui suit le débarquement en Normandie de juin 1944.

Leur officier étant parti en permission, les pauvres bougres épuisés se préparent à passer quelques jours au calme, dans la campagne française.

C’est alors que Kelly (Clint Eastwood), un lieutenant dégradé et tombé en disgrâce, leur apprend l’existence d’une banque dans un village proche. Celle-ci contiendrait 14’000 lingots d’or que les SS tentent de rapatrier en Allemagne avant que les Américains ne mettent la main dessus.

Kelly propose au sergent « Big » Joe (Telly Salavas) de profiter de l’absence de leur supérieur pour mettre la main sur le magot et déserter en direction de la Suisse.

Joe, d’abord réticent, se laisse convaincre par ses hommes et par le soutien musclé de trois chars Sherman commandés par le truculent Oddball (Donald Sutherland).

Commence alors la folle chevauchée à travers les lignes amies et ennemies, en évitant les tirs d’artillerie, les raids aériens, les champs de mines, les autres opportunistes et l’ambition d’un général belliqueux.

Distribution

  • Clint Eastwood (VF : Denis Savignat) : Kelly
  • Telly Savalas (VF : Claude Bertrand) : Sergent Joe dit « Big Joe »
  • Donald Sutherland (VF : Bernard Woringer) : Oddball dit « le cinglé »
  • Don Rickles (VF : Philippe Dumat) : Crapgame dit « l’escroc »
  • Carroll O’Connor (VF : Robert Bazil) : le général Colt
  • Karl-Otto Alberty : Le commandant du dernier char Tigre

Rôles principaux

Si le casting du film est assez conséquent, trois personnages se partagent le devant de la scène.

Kelly

Kelly

Prenez Blondin dans « Le bon, la brute et le truand », mettez-lui un uniforme de G.I. et parachutez-le en France en 1944, et vous avez le parfait anti-héros.

Kelly était lieutenant au début du conflit, mais après une altercation avec son supérieur, il est dégradé. Il est un meneur courageux et dynamique, mais ne rechigne pas à user de subterfuges ou de mensonges pour arriver à ses fins.

Clint Eastwood nous régale d’une de ses prestations iconiques, campant un personnage mystérieux, charmeur et drôle, mais pouvant faire preuve d’une violence sans état d’âme pour atteindre son objectif.

Big Joe

De l'or pour les brave - Big Joe

Big Joe

Si Kelly est l’anti-héros dont on se méfie toujours un peu, Big Joe est l’archétype du soldat bourru mais droit dans ses bottes, qui est comme un père pour ses hommes. Il les a menés depuis les plages du débarquement et, malgré l’incompétence de ses supérieurs, en a gardé la plupart en vie.

Il préfère risquer sa propre vie plutôt que celles de ses amis, il est l’incarnation du chef dur mais juste, ne voulant que le meilleur pour ses hommes. C’est pourquoi il est réticent à embarquer ses camarades dans une aventure hasardeuse, qui coûtera invariablement la vie à certains d’entre eux.

Aristote « Telly » Salavas était l’un des acteurs les plus reconnaissables de son temps. Son physique trapu, son crâne rasé et son visage aux traits bruts, lui obtiendront des rôles importants, notamment dans la saga James Bond et la célèbre série policière Kojak.

Oddball

De l'or pour les braves - Oddball

Oddball

Le film en lui-même serait sans doute une réédition monochrome de plus dans la grande liste des films martiaux américains de cette époque, si le personnage d’Oddball n’était pas.

Ce proto-hippie complètement déjanté traverse le champ de bataille sur son char sur-boosté, en jouant de la musique country sur ses haut-parleurs et en tirant des obus de peinture, pour faire « de jolies images dans le paysage ».

Promoteur de la pensée positive, épicurien, anarchiste et talentueux imitateur de chien, Oddball amène au film la touche de folie dont il a besoin.

S’il est aujourd’hui plus connu pour le rôle de président Corolianus Snow dans Hunger Games, Donald Sutherland venait à peine de percer au cinéma lorsqu’il obtient le rôle d’Oddball. Sa reddition excentrique, et son flegme blasé, donnent à son personnage une force et une présence qui contrebalance la triste réalité de la guerre.

Analyse

« De l’or pour les braves » se différencie de ses contemporains en mettant en scène des soldats veules et indisciplinés, qui ne cherchent que leur profit personnel, pendant que les élites se pavanent et se congratulent de la brillante avancée des troupes et que leurs camarades meurent stupidement sous le feu ennemi ou ami, dans l’illusion de l’honneur du combattant.

Loin d’être subtil, le film pose une vision manichéiste de la société. Tous les officiers sont incompétents, les Allemands sont méchants, les soldats sont de pauvres bougres et tout le monde a un prix.

Bien que l’action se situe dans un décor de seconde guerre mondiale, le film est bien plus une critique de la guerre au Viêt-Nam, dans laquelle les USA sont enlisés depuis 7 ans lors de la sortie du film, tout comme MASH, sorti quelques mois plus tôt.

Le campement de la brigade de char est un exemple flagrant de ce parallèle : les soldats vivant en une sortent de communauté transgressive avec des animaux et des jeunes filles à leur côté, écoutant de la musique orientale en buvant du vin.

Le campement anarchique de la troupe

On retrouvera cette illustration du soldat sans leadership, débraillé, recherchant la détente et l’évasion dans l’ivresse et la luxure dans des films comme « Platoon » ou « Apocalypse Now ».

Sans vouloir mettre ce film sur un pied d’égalité avec les chefs d’œuvre d’Oliver Stone et Francis Ford Coppola, on retrouve chez ces derniers certains codes établis en 1970 par « MASH » et « De l’or pour les braves ».

Avis de la Rédac’

Schux – J’ai découvert de l’or pour les braves quand j’étais adolescent. Il passait parfois le soir sur les chaînes secondaires, et j’ai eu l’occasion de le voir en français et en allemand, avant de finalement le regarder en VO bien plus tard.

Ce qui m’a toujours beaucoup plu dans ce film, c’est l’alternance de rythme et d’émotion que traversent les personnages, qui retranscrit relativement bien la vie d’un soldat quel que soit le théâtre d’opérations. On passe des moments de détentes à la tension de la planification, puis à l’action rapide et improvisée. On rit, on pleure, on se met en colère, on doute, on remet en question, puis on se remobilise pour aller au bout de l’aventure.

Mais au-delà de ça, les dialogues entre Oddball et le reste des protagonistes restent, selon moi, certains des plus drôles et des plus savoureux que j’ai pu entendre. Particulièrement un échange téléphonique depuis un charmant café de centre-ville d’où Oddball appelle le commandant d’une brigade de constructeur de pont et le convainc de lui « prêter » 60 mètres de passerelle.

Alors de l’or pour les braves n’est ni un chef-d’œuvre, ni un navet. Juste un bon film un peu décalé qu’on peut tranquillement regarder seul ou entre amis.

Évidemment la VO est largement supérieure à la VF, le langage fleuri des protagonistes ne rendant pas toute sa rudesse dans la langue de Molière

De l'or pour les braves

Bande annonce officielle

A voir aussi

Si le scénario vous paraît connu, deux films similaires ont été inspirés de celui-ci :

  • Les Morfalous : Film français avec Jean-Paul Belmondo, se déroulant en Tunisie pendant la seconde guerre mondiale.
  • Les rois du désert : Avec Georges Clooney, qui resitue l’action pendant la première guerre du Golfe et rajoute un aspect humanitaire.

Sources et références

Distribution et fiche technique : Wikipédia

Images :

  1. et à la une : Amazon
  2. MoviePhotoStills
  3. Word Press
  4. Amazon
  5. RC Univers
  6. Writeups.org
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