Eos / G.D. Arthur

Nouveauté aux éditions Mnémos, Eos est le premier roman de l’auteur G.D. Arthur. Comme cette maison d’édition a un don certain pour dénicher des séries et univers originaux, Geek-It est allé y mettre son nez pour voir à quoi ressemble ce nouveau venu dans le paysage de la fantasy.

Couverture du livre

Fiche technique

Titre original : Eos

Auteur : G.D. Arthur

Genre : Fantasy

Nombre de pages : 313 (éditions Mnémos)

Niveau : Lecteur motivé

Bibliochimie

Si un alchimiste voulait recréer ce livre dans son alambic, quelles choses pourrait-il utiliser comme ingrédients ?

– Un style d’écriture très particulier

– Des intrigues politiques et religieuses

– Un héros avec de gros problèmes à gérer son agressivité

L’histoire

Trente-deux colons, déçus par leur gouvernement qui n’a plus de République que le nom, décident de tout quitter pour aller bâtir ailleurs une nouvelle communauté, une vraie république cette fois, où chacun aurait voix au chapitre. Parmi eux, Eos, neveu de leur meneur Urien, un adolescent à l’âme d’artiste et amoureux comme un fou de la belle Liara.

La vie dans la communauté du Val-de-Lune s’organise tant bien que mal, avec ses hauts et ses bas, jusqu’à un soir où de monstrueuses créatures attaquent. Eos devra accepter la nature de combattant qui commençait à s’éveiller en lui, malgré les réactions négatives que cela suscite dans son entourage. Les intrigues de la République rattrapent alors Eos et sa communauté, qui se retrouvent entraînés dans des évènements bien plus grands qu’eux.

L’intrigue réelle ne se noue qu’après les cent premières pages, tout ce qui vient avant servant à l’auteur à installer sa petite communauté, ainsi qu’à tirer les grandes lignes des intrigues politico-religieuses qui se jouent dans la République. Des lignes qui ont surtout l’air de gribouillis sans grand sens, car sans information claire de qui est qui, et à peine quelques bribes de connaissances sur les factions qui s’affrontent, les dialogues de conspirateurs s’enchaînent sans apporter grand-chose outre une frustration grandissante face à l’impossibilité d’en tirer quelque chose de compréhensible. Tout cela semble donc bien long à démarrer pour ne rien apporter de consistant au final.

Bizarre, vous avez dit bizarre ?

Le style de l’auteur laisse perplexe dans les premières pages et utilise un vocabulaire à première vue inutilement compliqué, hissant le niveau de langue dans les hauts du soutenu dans les parties narratives pour mieux retomber dans le bien familier dès que certains personnages – surtout le héros – décident d’ouvrir la bouche. Les phrases sont tournées bizarrement, certains groupes nominaux sont répétés d’une phrase à l’autre alors que normalement c’est une chose qu’on évite, et on sent dans certaines phrases que les mots ont été choisis pour créer une répétition d’un certain son. De quoi se poser des questions sur le style du traducteur et de l’auteur, jusqu’à ce qu’on se rappelle que le héros est un poète. Et là, une vieille notion de poésie datant des études en français peut remonter à la surface de la mémoire chez les plus chanceux : le poème en prose. Pas de versification, pas de pieds à compter : le texte dans son entier est pris comme un poème, avec des figures de style propres au genre, comme la métaphore, les oxymores, et les figures ayant trait aux sons, comme l’allitération. D’où l’impression étrange donnée à la lecture car, contrairement aux lecteurs de l’Antiquité ou du Moyen-Âge, nous n’avons pas l’habitude qu’on nous raconte de grandes aventures sous forme de poème.

Au niveau du style toujours, l’auteur a beau nous éblouir avec son vocabulaire haut perché et ses tournures poétiques, il n’hésite pas à s’attarder sur les détails scatologiques (retenez-le, celui-là, vous pourrez toujours le ressortir plus tard) de ses héros, à savoir tout ce qui a trait à leurs excréments. Pour ma part, je trouve inutile de préciser que le héros, alors qu’il attendait caché que ses poursuivants le dépassent, s’est vidé les entrailles dans son buisson sous l’effet de la peur. Quant à le faire uriner à l’approche d’un duo d’assassins tout en les insultant, c’est uniquement vulgaire et n’apporte rien. Je veux bien qu’on utilise des contrastes en écriture, mais qu’au moins cela amène quelque chose, un petit plus !

Avis de la rédaction

Mikaua : Eos est pour moi un OLNI, un objet littéraire non identifié. Pour un roman de fantasy, il offre étonnamment peu de matière en terme d’aventure : un bon tiers du roman étant dédié à l’établissement des colons dans leur petite utopie, on a peu d’action à se mettre sous la dent, et pas davantage d’intrigue ou de dévoilements sur l’univers pour venir équilibrer tout ça – ou en tout cas rien de très intelligible. Lent à démarrer, fin trop abrupte, ce livre donne l’impression désagréable de n’avoir eu que les premiers chapitres du « vrai » livre en main et d’être laissé sur sa faim.

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