Jardin d’hiver / Olivier Paquet

Si les vaisseaux spatiaux filant dans l’hyper-espace vers des galaxies lointaines, très lointaines, commencent à vous lasser, Jardin d’hiver est pour vous. L’auteur français Olivier Paquet nous offre un roman de science-fiction à domicile, en Europe, et en profite pour revisiter le thème classique de l’affrontement entre la technologie et la nature.

Couverture du roman Jardin d'hiver

Fiche technique

Auteur : Olivier Paquet

Genre : Science-fiction

Editeur : L’Atalante

Nombre de pages : 395

Niveau : Bon lecteur

Bibliochimie

Si un alchimiste voulait recréer ce livre dans son alambic, quelles oeuvres proches et autres choses pourrait-il utiliser comme ingrédients ?

– Une nature changée en arme

– A la croisée des mondes, de Philip Pullman, pour l’utilisation de daemons (bien que mécaniques)

– L’Europe post réchauffement climatique comme décor

L’univers

L’Europe est en guerre. D’un côté, le Consortium et ses ingénieurs, poussant toujours plus loin leur maîtrise de la technologie. De l’autre, la Coop, assemblage hétéroclite de groupes écoterroristes, bien décidés à ramener le progrès à sa juste place pour laisser la nature reprendre ses droits. Depuis le fameux Crime du siècle qui a précipité le conflit, chaque camp a fourbi ses armes.

Le Consortium a apparié chacun de ses membres avec un animal cybernétique ayant des capacités offensives ou défensives telles que des boucliers énergétiques, des canons, des dispositifs sonores, etc. Le défaut est que chacun ne possède qu’un seul daemon, qui doit être remplacé en cas de destruction, ce qui n’est pas toujours aisé.

La Coop a développé des biopuces permettant de modifier la nature pour que chaque plante devienne une arme ou un dispositif de défense : les mélèzes deviennent des boucliers, les gentianes peuvent découper un homme avec leurs pétales, etc. Le problème est que les plantes ne font pas de différence entre allié et ennemi et attaquent tout ce qui passe à portée.

L’Europe est donc prise entre les deux camps, chacun campé sur ses positions – le Consortium plutôt direction ouest, avec sa capitale sur Paris, la Coop dispersée du côté est, sur les pays slaves, avec des groupes jusqu’en Finlande. Les autres continents sont soit dans une neutralité prudente, venant sur le territoire juste pour le commerce – rien de tel qu’une guerre pour faire flamber les prix et fleurir les marchés noirs – soit s’allient discrètement avec l’un ou l’autre camp dans l’espoir de pouvoir se servir sur le cadavre du vaincu.

Synopsis

Le vaisseau la Tchaïka abrite une bande de cosaques qui récupèrent des pièces détachées sur les champs de bataille après les combats. Leur credo « Nous sommes des contrebandiers, des gens qui refusent d’appartenir à un camp au nom de notre choix d’emmerder le monde ».

Un jour, ils récupèrent, en plus de pièces détachées, un jeune homme visiblement victime d’une nouvelle arme : il est devenu complètement amnésique, et pourtant des informations semblent jaillir de lui comme s’il disposait à volonté d’une banque de données gigantesque. Curieux d’en apprendre davantage sur ce phénomène, les contrebandiers et leur nouveau passager vont traverser l’Europe à la recherche des secrets de son passé, et découvriront également les clefs d’un futur différent.

Avis de la rédac’

Mikaua – ENFIN un roman de science-fiction qui ne bourre pas le crâne de ses lecteurs de théories scientifiques étalées sur des pages et des pages. Olivier Paquet arrive à nous donner les informations nécessaires, mais comme glissées dans la conversation plutôt qu’assénées comme un paquet de polycopiés à apprendre par cœur. Moi qui suis résolument littéraire, j’ai pris énormément de plaisir à lire ce roman. La thématique est traitée de manière très intéressante, avec les plantes modifiées d’un côté et les animaux cybernétiques de l’autre ; il y a un peu de nature et un peu de technologie dans chaque camp, tout est question d’idéologie et de savoir où est mis l’accent. Enfin le facteur humain n’est pas laissé de côté et les personnages sont intéressants à découvrir, surtout les contrebandiers et leur franc parler. En bref, une très belle découverte que je ne peux que recommander chaudement, qu’on soit littéraire ou scientifique.

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