Les Visiteurs : la Révolution

Ils sont enfin revenus les malades ! Vingt-trois ans après que les Visiteurs aient pour la première fois débarqué sur les écrans, dix-huit années après le second opus, une véritable suite à la série voit finalement le jour – car non, le remake américain ne compte pas ! Le temps a-t-il été bénéfique à la série ou est-ce que ce troisième film est aussi pénible à avaler que la fameuse potion de l’enchanteur ? Lisez pour le découvrir !

L'affiche du film

Fiche technique

Réalisation : Jean-Marie Poiré

Scénario : Jean-Marie Poiré et Christian Clavier

Suite de : Les Visiteurs ; Les Visiteurs 2 – Les couloirs du Temps

Genre : Comédie (avec un fond historique)

Musique : Eric Lévi (fondateur du projet musical +eRa+)

Durée : 110 minutes

Sortie : avril 2016

Synopsis

Egarés dans les couloirs du temps, Godefroy de Montmirail et son fidèle serviteur Jacquouille la Fripouille se retrouvent coincés dans une époque de profonds changements politiques et sociaux : la Révolution Française – pendant la Terreur, plus précisément. Dans leur quête d’un moyen de voyager à nouveau dans le temps, ils rencontrent les descendants de Godefroy, aristocrates qui fuient pour éviter de se faire guillotiner. De son côté, l’accusateur public Jacquouillet, descendant de Jacquouille, profite de son statut pour saisir le château et les biens des Montmirail.

A quoi s’attendre

Entre la malédiction des suites et la déception qui avait accompagné les Visiteurs 2, il y avait de quoi inquiéter les fans du premier film. Heureusement, Christian Clavier et Jean-Marie Poiré ne voulaient pas d’une suite qui se contente de surfer sur la vague du succès mais attendaient d’avoir une vraie idée qui soutienne le scénario – d’où le laps de temps écoulé entre le deux et celui-ci. Du coup, on trouve un film bien sympathique, pour peu qu’on arrive à se défaire du désir impossible de retrouver quelque chose d’aussi explosif que le premier film (le succès du premier Visiteur tenait en bonne partie à la surprise qui l’accompagnait, une surprise qui est forcément absente de ses suites).

Le scénario est un intéressant mélange de questionnement historique – en confrontant la mentalité d’une certaine époque historique à celle d’une autre – et de bonne comédie française. On peut regretter de ne pas rire autant que dans le premier opus, mais en même temps l’époque historique ne s’y prête pas tant que ça – on coupe tout de même des dizaines de têtes par jour, sous la Terreur ! Mais lorsqu’on rit, c’est sincère, plaisant, et ça fait un bien fou.

Godefroy et Jacquouille entre deux gardes

Godefroy et Jacquouille attendant leur procès

Du côté des acteurs, vingt ans ont passé, Jean Reno et Christian Clavier ont – évidemment – vieilli tandis que leurs personnages restaient, eux, figés dans la prison révolutionnaire où ils avaient été jetés à la fin du second film. Alors bien sûr, si on cherche, on peut repérer les marques laissées par le vieillissement ici ou là sur les visages, malgré le maquillage. Mais pour peu qu’on cesse de pinailler et qu’on se laisse emporter, la magie opère et on retrouve à l’écran Godefroy le Hardi et Jacquouille la Fripouille tels qu’on les a laissés : le duo Reno-Clavier fonctionne toujours aussi bien.

Cette fois, pas de gadgets modernes pour déboussoler nos deux voyageurs du temps, mais une époque entière va les confronter à des vérités qu’ils croyaient établies. En effet, leur relation seigneur-serf se retrouve mise à mal face à un monde où le peuple a pris le pouvoir et à une aristocratie qui n’a plus rien à voir avec la noblesse du Moyen-Âge.

Godefroy, chevalier, guerrier dans l’âme, ne se reconnaît pas dans ces nobles pomponnés et pleutres ; de plus il supporte très mal de voir les « gueux » prétendre au pouvoir et de se retrouver au même niveau que tout un chacun. Ses réactions sont un régal à observer.

La famille de Montmirail de l'époque, avec Gonzague (Dubosc) à droite.

La famille de Montmirail de l’époque, avec Gonzague (Dubosc) à droite.

Jacquouille, lui, porte étonnamment un regard très moderne sur le Révolution. En effet, pendant son escapade au 20e siècle, le « temps des bagnoles », il s’est mis à apprécier le confort moderne de l’eau courante, de l’électricité, et la liberté dont il jouissait. Du coup sa vision est double : pour lui l’époque de la Révolution est à la fois pourrie, car trop peu moderne, et magnifique, parce qu’il voit enfin ses persécuteurs, les nobles, récolter ce qu’ils ont semé.

Cerise sur le gâteau, les musique d’Eric Lévi, l’homme qui fonda +eRa+ après le succès du premier Visiteurs (merci à lui pour tous ces magnifiques albums qui savent si bien charmer l’oreille des amateurs du Moyen-âge), sont toujours là pour soutenir l’ambiance du film, avec de nouvelles musiques mais aussi de nouvelles version des anciennes déjà connues. On se régale de retrouver le fameux thème des visiteurs revisité, « Enae Volare », dans un remix électro délicieusement pêchu. De quoi donner encore plus envie de rester jusqu’à ce que le dernier crédit défile à l’écran, juste pour l’entendre en entier.

Avis de la Rédaction

En bref, les Visiteurs – la Révolution peut être une magnifique expérience cinématographique pour peu que vous suiviez ce simple conseil : arrêtez de chercher la petite bête. Détendez-vous, laissez la magie opérer, et le film se fera un plaisir de vous ramener, vous spectateur, vingt ans en arrière. Le voyage dans le temps n’est pas seulement réservé à Godefroy le Hardi et Jacquouille La Fripouille. Alors, pourquoi résister ?

Per Horus…

Sources

– Le film en lui-même

– Les deux premiers « Visiteurs »

– Le documentaire « La folle histoire des Visiteurs » (2016)

L’Internet Movie Database

Allociné

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