Livres des Rai-Kirah (série) / Carol Berg

Les livres des Rai-Kirah sont la première série publiée de l’auteur Carol Berg. Cela commence par l’histoire d’un esclave et d’un prince, qui vont devoir apprendre à travailler ensemble pour mettre en échec les démons, et enchaînera sur une quête pour découvrir la vérité sur lesdits démons. Le tout soutenu par l’art de l’auteur à manier des personnalités contraires et à montrer le récit par les yeux d’un des protagonistes.

Couverture Bragelonne du tome 1 des rai-kirah

Fiche technique

  • Regroupe les titres :
    • L’esclave
    • L’insoumis
    • Le vengeur
  • Titres originaux :
    • Transformation
    • Revelation
    • Restoration
  • Titre original de la série : Rai-Kirah serie
  • Auteur : Carol Berg
  • Genre : Fantasy
  • Nombre de tomes : 3
  • Niveau : Lecteur moyen

Bibliochimie

Si un alchimiste voulait recréer cette série dans son alambic, quelles choses pourrait-il utiliser comme ingrédients ?

– Deux protagonistes principaux que tout oppose

– Le talent à nul autre pareil de Carol Berg pour mettre le lecteur au cœur des pensées de son héros

– Une culture principale qui rappelle la perse

A quoi s’attendre

Attention, quelques spoilers

Pour vous donner le ton, voici les deux premiers paragraphes du tome un des livres des Rai-Kirah, « L’esclave » :

« Selon les prophètes ezzariens, les dieux livrent leurs combats dans les âmes humaines et si ce champ de bataille déplaît aux déités, elles le transforment à leur gré. Je le crois. J’ai vu l’un de ces affrontements, et l’une de ces métamorphoses, telle qu’elle ne peut procéder que de la volonté des dieux. Ce n’était pas mon âme qui était impliquée – Verdonne et Valdis soient loués, comme tout autre dieu qui pourrait m’entendre narrer cette histoire – mais je ne suis plus celui que j’étais avant d’en être témoin.

Le prince héritier Aleksander, Palatin d’Azhakstan et de Suzain, prêtre d’Athos, souverain de Basran, Thyrce et Manganar, destiné à monter sur le Trône du Lion et à régner sur l’Empire derzhi, était peut-être le jeune homme le plus grossier, le plus arrogant et le moins charitable de tous les déserts d’Azhakstan. Dès notre première rencontre, c’est ce que j’ai pensé de lui, même si l’on peut estimer que je n’étais pas impartial. Lorsqu’on se tient sur l’estrade d’un marché d’esclave, nu, dans un vent assez froid pour geler les fesses d’un démon, on ne peut guère se faire un avis impartial. »

On le devine, il y aura deux protagonistes principaux dans cette série : le prince Aleksander, et l’esclave aux travers des yeux de qui l’on va suivre l’histoire, Seyonne. L’immense Empire derzhi, dont Aleksander est l’héritier, s’est construit en soumettant les contrées voisines. Certains sont devenus sujets, d’autres ont vu leur population au complet être réduite en esclavage – comme ce fut le cas pour l’Ezzarie, d’où est originaire Seyonne.

Lorsqu’il arrive au service du prince, Seyonne est esclave depuis seize ans et, résigné à subir les caprices de derzhi jusqu’à sa mort, il a cessé de s’intéresser aux autres pour ne plus davantage souffrir. Mais une menace, dont la nature échappe totalement au commun des mortels, va faire son apparition dans l’entourage direct du prince : des rai-kirah, des démons, semblent en vouloir à l’héritier. Ironie du sort, Seyonne possède la capacité de percevoir ces êtres, et se retrouve donc devant l’horrible perspective de voir bientôt régner un empereur dominé par les démons. Malgré sa résolution de ne plus s’inquiéter du sort de qui que ce soit, la simple idée de la cruauté d’un tel règne va forcer l’esclave à faire tout ce qu’il peut pour éviter cela.

D’ailleurs, ces démons que les Ezzariens combattent depuis l’aube des temps, d’où viennent-ils ? Sont-ils réellement de simples créatures de violence ? C’est suite à une rencontre avec un démon différent des autres que Seyonne va se mettre à douter. Son peuple ne connaîtrait-il qu’une partie de l’histoire ? Mais on ne remet pas en question des siècles de tradition aussi facilement, encore moins lorsqu’on a été esclave et que beaucoup vous considère comme corrompu. Seyonne va toutefois se lancer en quête de la vérité.

Avis de la rédac’

Mikaua : L’esclave, le premier tome des Livres des Rai-Kirah, m’a d’abord attiré par sa couverture (celle de l’édition Bragelonne, pas l’espèce de pietà à la sauce gothique de l’édition Folio) car ces deux personnages dos à dos m’intriguaient. Ouvrir le livre et lire les deux paragraphes recopiés plus haut a terminé de me faire plonger, il fallait que je sache comment allait se mettre en place la relation entre ces deux personnages. Et je n’ai pas été déçue : j’ai découvert l’une des plus improbables, mais aussi l’une des plus belles histoire d’amitié que j’aie jamais lue. L’auteur ne fait pas de raccourcis, l’évolution ne se fait pas en un jour, et parfois on a même envie de secouer un peu l’un ou l’autre des deux protagonistes pour qu’il se montre moins borné, mais au final le lien est là et on le ressent très bien. Le talent de Carol Berg pour rendre vivants ses personnages est au rendez-vous et on se sent vraiment à l’intérieur des pensées de Seyonne. Après le premier roman, on restera focalisé sur Seyonne, mais Aleksander aura ses propres affaires à mener. Et pourtant, même s’il n’est pas aussi présent dans les scènes qu’avant, Carol Berg réussit à le garder en protagoniste principal, il ne perd rien de son importance. Exactement comme un véritable ami qui s’éloigne mais qui n’en reste pas moins la même personne sur qui on peut toujours compter. Seyonne, lui, devra faire face à ses doutes et remettre en question les vérités auxquelles il s’est raccroché pendant son esclavage : et si lui et son peuple avaient tout faux depuis le début ? Et si leur combat n’avait en fait pas lieu d’être ? Enfin, et plus important : les autres voudront-ils l’écouter ?

Pour ceux qui n’aiment pas les séries, le premier tome des Rai-Kirah fonctionne très bien tout seul et on peut s’arrêter là sans sensation d’inachevé. Sachant que c’est la seule porte d’entrée francophone pour l’œuvre de Carol Berg, je recommande cette lecture vivement !

Keul : Le moins que l’on puisse dire de cette série, c’est que Berg ne fait pas dans la dentelle avec ses personnages et qu’elle est loin d’être tendre avec eux. Comme Robin Hobb avec son assassin FitzChevalerie, notre pauvre Seyonne va en voir des vertes et des pas mûres et cela le fera grandir tout au long de l’histoire. Même si ce traitement (voir ce maltraitement dans ce cas) de personnages est parfois pénible à suivre en tant que lecteur (on s’attache quand même pas mal aux personnages), il est fait pour une bonne raison et porte l’œuvre et le développement des personnages pour les amener à réviser la vision qu’ils ont de leur univers, le tout porté par une rédaction très centrée sur les personnages ce qui permet au lecteur de s’identifier à eux. C’est maîtrisé de main de maître et on ne peut que saluer la prouesse réalisée dans les trois tomes de ce cycle.

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