Monde de Narnia (le) / Clive Staples Lewis

Le Monde de Narnia est une heptalogie littéraire écrite par l’écrivain irlandais C. S. Lewis. L’œuvre originale est illustrée par Pauline Baynes, également connue pour avoir dessiné certaines œuvres de J.R.R Tolkien. Le Monde de Narnia conte les aventures d’enfants voyageant dans un monde alternatif au nôtre et qui se nomme Narnia. Dans celui-ci, les animaux parlent et évoluent en société comme les humains de notre monde, et la magie y est courante. La notion de Bien et de Mal et le combat qui les oppose y est omniprésente et joue un rôle central dans les sept histoires.

Fiche technique

L’heptalogie proposées par Gallimard

  • Auteur : Clive Staples Lewis
  • Titre original du cycle : The Chronicles of Narnia
  • Titre français du cycle : Le Monde de Narnia
  • Titres des œuvres :
    • Le Neveu du magicien
    • Le Lion, la Sorcière blanche et l’Armoire magique
    • Le Cheval et son écuyer
    • Le Prince Caspian
    • L’Odyssée du passeur d’aurore
    • Le Fauteuil d’argent 
    • La Dernière Bataille
  • Dates de la première publication : 1950-1956
  • Nombre de tomes : 7
  • Genre : Fantasy, Fantastique, Récit allégorique
  • Origine : Royaume-Uni
  • Niveau : Lecteur débutant (littérature jeunesse)

Bibliochimie

Si un alchimiste voulait recréer ce livre dans son alambic, quelles choses pourrait-il utiliser comme ingrédient ?

– Un monde fictif empli de magie

– Des animaux humanisés

– Un récit moralisateur

– Une allégorie biblique servant de fil rouge aux récits

Petite remarque en préambule : Les sept histoires n’étant pas toutes directement liées entre elles, il serait ici difficile de traiter de l’histoire d’un bout à l’autre dans un seul et unique paragraphe. Pour cette raison, les sept tomes seront traités séparément, dans sept chapitres distincts, que vous pourrez sélectionner dans les onglets suivants. De cette manière, vous pourrez également éviter de tomber sur des passages vous spoilant l’une des histoires si vous ne l’avez pas encore lue.

Le Neveu du magicienLe Le Lion, la Sorcière blanche et l'Armoire magiqueLe Cheval et son écuyerLe Prince CaspianL’Odyssée du passeur d’auroreLe Fauteuil d’argentLa Dernière BatailleClive Stample Lewis et son œuvreLewis et TolkienAvis

Le Neveu du magicien

Le Neveu du Magicien

Le Neveu du Magicien est, temporellement parlant, le premier livre de l’heptalogie. Publié en 1955, il s’agit cependant du sixième tome écrit par Lewis. Le Neveu du Magicien pose les fondations du Monde de Narnia et fait intervenir pour la première fois les personnages d’Aslan et de la Sorcière Blanche.

Alors qu’il vient d’emménager à Londres, Digory Kirke fait la connaissance de sa nouvelle voisine, Polly Plummer. Tout deux deviendront rapidement amis et partiront explorer la nouvelle demeure de Digory. Très casse-cou, Polly n’aura alors de cesse de pousser Digory pour qu’ils partent à l’aventure. Alors qu’ils explorent le grenier, les deux enfants tombent sur Andrew Kirke, l’oncle de Digory, qui est un magicien autodidacte. Celui-ci a créé des bagues magiques qui lui permettent de se rendre dans un endroit nommé « le-bois-d’entre-les-mondes ». Selon Andrew, ce lieu particulier donnerait sur une multitude d’autres mondes bien différents du leur. Envoyée là-bas de force par Andrew, qui avait peur de s’y rendre en personne, Polly sera finalement secourue par Digory et son oncle. Profitant de leur présence dans le « le-bois-d’entre-les-mondes », les deux enfants décident de poussez plus avant leur exploration et s’approchent de l’une des multiples flaques d’eau sensées représenter des passages vers d’autres mondes. Sautant dans l’une d’elle, ils se retrouvent à Charn, un monde mourant où ils libéreront – sans réellement le vouloir – une terrible sorcière qui les suivra à Londres, où elle commettra de terribles dégradations avant d’être amenée de force dans « le-bois-d’entre-les-mondes ». les enfants tenteront de lui échapper en plongeant dans d’autres flaques. Ils atterriront finalement dans un sombre endroit où un lion nommé Aslan chante pour créer tout un monde qu’il nomme Narnia.

 

Le Lion, la Sorcière blanche et l’Armoire magique

L’Armoire magique

Premier tome écrit par Lewis pour le Monde de Narnia, Le Lion, la Sorcière blanche et l’Armoire magique représente, dans l’ordre de lecture, le second tome se déroulant dans le monde de Narnia. Peut-être la plus connue de tous les œuvres de cette série, elle est adaptée au cinéma par Andrew Adamson et produite par Walt Disney Pictures et Walden Média sous le titre « Le Monde de Narnia : Le Lion, la Sorcière blanche et l’Armoire magique » et connaît un grand succès.

Alors que la guerre frappe notre monde pour la seconde fois en quelques années, quatre enfants, Peter, Susan, Edmund et Lucy Pevensie, sont envoyés dans le manoir du professeur Digory Kirke (le héros du « Neveu du magicien ») pour y échapper. Alors qu’ils jouent à cache-cache dans la maison de Digory, Lucy se cache dans une armoire qui l’emmènera dans un autre monde. Elle apprendra alors qu’elle se trouve à Narnia, un monde où les animaux peuvent parler et où les créatures de légende sont légions. Elle fera la connaissance de Tumnus, un faune qui lui parlera de son monde et de l’hiver éternel qui semble y régner. De retour chez elle, Lucy constate que seules quelques secondes semblent s’être écoulées alors que plusieurs heures sont passées à Narnia. Arrivant tant bien que mal à amener ses frères et sa sœur à Narnia, Lucy constatera la disparition de Tumnus, emmené par la police de la Sorcière Blanche et Reine de Narnia. Son crime ? Avoir côtoyé des humains, qui représenteraient une menace pour le monde de Narnia. Trahis par Edmund qui se range aux côtés de la Sorcière Blanche, le groupe devra apprendre à combattre pour tenter de sauver Narnia et ses habitants et ainsi permettre au monde de sortir de l’hiver éternel qui y règne depuis des années.

 

Le Cheval et son écuyer

Le Cheval et son écuyer

Cinquième tome écrit dans l’univers de Narnia par Lewis, « Le Cheval et son écuyer » représente, de manière chronologique pour le lecteur, le troisième volume de la série. L’histoire permet d’en apprendre d’avantage sur l’univers de Narnia, mais aussi pour les royaumes qui existent en périphérie de celui-ci.

Le Cheval et son écuyer débutent dans un royaume frontalier de Narnia nommé Calormen, Situé au sud de Narnia, ce royaume est peuplé d’humains qui pratiquent la guerre, le pillage et l’esclavage. Dans ce royaume, Shasta est un jeune homme élevé par un pêcheur du nom d’Arsheesh. Violent, ce dernier a l’intention de vendre le jeune homme comme esclave pour s’enrichir. Lorsque l’occasion se présente, Shasta n’hésite pas une seconde et s’enfuit à l’aide d’un cheval du nom de Bree, qui possède la faculté de parler. Tous deux décident de se rendre à Narnia sur les conseils de Bree, qui y fut capturé alors qu’il n’était qu’un poulain. Mais ce royaume fantastique existe-t-il réellement ailleurs que dans les contes calormens et le chemin qui y mène est-il réellement sûr ? 

 

Le Prince Caspian

Le Prince Caspian

Le Prince Caspian est le second tome écrit pour la série Le Monde de Narnia. Dans l’ordre de lecture, il s’agit du quatrième. En 2008, l’histoire connaît une adaptation au cinéma par Andrew Adamson et produit par Walt Disney Pictures et Walden Média sous le nom de «  Le Monde de Narnia : Le Prince Caspian ». Moins bien reçu que le premier film, il connaît cependant son petit succès et récolte quelques prix.

De retour dans leur monde depuis plus d’une année, Peter, Susan, Edmund et Lucy Pevensie ont bien du mal à reprendre une vie normale. Edmun s’adaptent mal à leur vie d’enfants alors qu’ils étaient adultes dans le monde de Narnia, et leurs tentatives pour y retourner se sont toutes soldées par des échecs, ce qui accroît encore leur ressentiment envers cette vie passée. Finissant par se faire une raison, ils décident de reprendre leur vie d’enfants et de regagner leurs écoles respectives. Alors qu’ils se trouvent à la gare, ils se feront happer et se retrouvent sur une île inconnue, dans les ruines d’un ancien château. L’exploration ne laissera que peu de doutes sur l’endroit où ils se trouvent. Le château en question n’est autre que le Palais de Narnia, celui-là même dans lequel ils ont vécu leurs précédentes aventures et où une vie entière s’est écoulée pour eux. Alors qu’une année seulement semble s’être écoulée dans leur monde, plusieurs années sont passées à Narnia et tout ce qu’ils connaissaient appartient désormais au passé. Les plupart des animaux ne parlent plus et les nains – anciennement au service de la Sorcière Blanche – se sont rebellés pour rejoindre les habitants de Narnia. Alors qu’une menace sans précédant plane sur Narnia, les quatre enfants doivent rechercher l’aide du Prince Caspian afin qu’il reprenne possession de son trône et qu’il rétablisse l’ordre pour sauver ce qui peut encre l’être.

 

L’Odyssée du passeur d’aurore

L’odyssée du passeur d’aurore

L’Odyssée du Passeur d’Aurore et le troisième tome publié de la série Le Monde de Narnia. Dans l’ordre de lecture, il s’agit du cinquième tome. Ce tome marque un tournant dans le récit puisque deux des protagonistes – Peter et Susan – ne reviennent plus à Narnia depuis ce tome. Ce roman marque également l’apparition d’un nouveau protagoniste, Eustache. En France, le roman a également été publié en 1983 sous le titre « Le Voyage de la Belle Aurore ». En 2010, l’histoire connaît une adaptation au cinéma par Andrew Adamson et produit par Walt Disney Pictures et Walden Média sous le nom de «  Le Monde de Narnia : L’Odyssée du Passeur d’Aurore »

Alors qu’il rend visite à Lucy et Edmund, leur cousin Eustache Clarence-Scrubb en a plus qu’assez de les entendre parler du monde imaginaire de Narnia. Les prenant pour des illuminés, voire des simples d’esprit, Eustache devra pourtant changer d’avis lorsque tous les trois sont emportés à Narnia par l’intermédiaire d’un tableau magique. Transportés au milieu de la mer, ils sont sauvés par le Prince Caspian, qui se dirige vers l’est à bord du Passeur d’Aurore. Tentant de retrouver sept seigneurs disparus, Caspian désire également se rendre au bout-du-monde afin de voir le pays d’Aslan. Mais Eustache a du mal à se faire à cette nouvelle vie et ce n’est pas sa mesquinerie et sa mauvaise foi naturelle qui aideront l’équipage à atteindre leur but. Il se pourrait même qu’Eustache représente une menace pour cette expédition, pourtant d’une importance capitale pour Narnia.

 

Le Fauteuil d’argent

Le Fauteuil d’argent

Quatrième roman écrit par Lewis pour la série du Monde de Narnia, Le Fauteuil d’argent est, dans l’ordre de lecture, le sixième et avant-dernier roman de la série. Ce roman voit apparaître une nouvelle protagoniste en la personne de Jill.

De retour dans son monde, Eustache – le cousin de Peter, Susan, Edmund et Lucy Pevensie – a considérablement changé. Elève d’une école alternative qui laisse toute liberté aux élèves, il est victime des plus forts qui imposent leur loi. Avec son amie Jill Pole, ils fuient leurs persécuteurs. Mais alors qu’ils semblent sur le point d’être rattrapés par ceux qui les martyrisent, ils sont tous les deux transportés au pays d’Aslan, qui les envoie à Narnia. Investis d’une mission, les deux enfants doivent retrouver Rilian, le jeune prince amené à succéder au prince Caspian, maintenant trop âgé pour régner. Mais Rilian a disparu depuis dix ans déjà et personne ne semble réellement savoir où il se trouve. Suivant les maigres traces en leur possession, les deux enfants apprendront que Rilian serait emprisonnés dans un monde souterrain gouverné par une Sorcière maléfique qui n’est pas sans rappeler certaines légendes ancestrales du monde de Narnia.

 

La Dernière Bataille

La Dernière Bataille

La Dernière Bataille est le septième et dernier tome de la série Le Monde de Narnia écrite par Lewis. Il a reçu – en 1956 – la prestigieuse médaille Carnegie, soit la plus haute distinction de la littérature pour la jeunesse au Royaume-Uni

Narnia se meurt et son peuple se soulève petit à petit contre les préceptes d’Aslan. Alors que les animaux doués de parole ne sont plus qu’une poignée, certains d’entre eux tentent d’engranger du pouvoir par la supercherie. C’est le cas du singe Shift, qui se prend pour un humain. Ayant déguisé l’âne Puzzle en lion, il le fait passer pour Tash, le cruel dieu calormène, et lui fait proférer de terribles prophéties. Envoyés une nouvelle fois à Narnia pour sauver ce qui peut encore l’être, Jill et Eustache auront fort à faire pour aider les habitants de Narnia. Pendant ce temps, les enfants Pevensie (à l’exception de Susan, qui ne croit plus en Narnia depuis longtemps) sont victimes d’un terrible accident de train et transportés à Narnia pour aider Eugène et Jill. Alors qu’Alsan apparaît aux yeux de tous, ils apprendront que le monde dans lequel ils se trouvent n’est qu’un reflet du Narnia réel, aussi nommé le monde d’Aslan, et que ce reflet est voué à disparaître. Mais si cette dernière révélation est vraie, qui est réellement Aslan et qu’adviendra-t-il de ce reflet ? Et si ce monde est réellement en passe de disparaître, que va-t-il advenir de ceux qui y vivent encore ?

 

Quelques mots sur l’auteur et son œuvre

Clive Staples Lewis

Lewis est connu comme étant un apologète du christiannisme soit, autrement dit, un fervent défenseur de celui-ci. Le Monde de Narnia n’est qu’une petite représentation de cette application du christianisme dans une œuvre et Lewis a produit quantité d’œuvres théologiques bien éloignées des romans de fantasy où il tente de démontrer l’existence de Dieu. Cette croyance fervente en l’existence de Dieu a donc fortement influencé ses œuvres et Narnia n’y fait pas exception. Aslan représente dieu et ses œuvres suivent – peu ou prou – certains passages bibliques important, comme la Genèse pour le « Neveu du magicien » ou l’Apocalypse pour la « Dernière bataille ». Certaines allégories philosophiques peuvent également être trouvées dans son œuvre, comme « le Mythe de la Caverne » dans « L’Odyssée du passeur d’Aurore » lorsque la Sorcière prétend que le mode réel est ce qui se trouve dans les souterrains et que le monde extérieur n’est rien d’autre qu’un rêve. Finalement, l’œuvre de Lewis est également teintée d’un soupçon de Tolkien de part les commentaires et l’aide que celui-ci apporta à son ami durant les nombreuses années que dura celle-ci.

 

Lewis et Tolkien, une amitié et un conflit historique

Avant de parler du conflit qui opposa Lewin à Tolkien, il est important de mentionner que ces deux écrivains étaient des amis intimes. Durant des années, Lewis écrit d’élogieuses critiques sur Tolkien et ses œuvres sous couvert d’anonymat. Avec Owen Barfield, un autre auteur britannique, il fréquenta une société littéraire qui s’appelait les « Inklings ». C’est durant les rencontres de cette société que les premiers romans de Lewis furent lus, tout comme ceux de Tolkien. Les deux auteurs se soutiennent mutuellement, ce qui leur permet de persévérer dans leur art. Tolkien l’avouera volontiers, « C.S. Lewis est un très vieil ami et collègue, et je dois à ses encouragements le fait d’avoir persévéré […], d’avoir finalement fini Le seigneur des anneaux. ». Bien que s’encourageant mutuellement, les deux auteurs ne sont cependant pas d’accord sur leurs œuvres respectives. Le désaccord majeur entre les deux auteurs n’a rien de littéraire et survient lors du mariage de Lewis avec l’américaine Joy Davidman, une femme divorcée. Tolkien estime alors que Lewis se trouve dans une situation d’adultère et ne lui pardonnera qu’à la mort de Joy.

Une autre opposition existe sur le plan religieux. Comme le dit lui-même Lewis : «Lors de ma première venue au monde, on m’avait (implicitement) averti de ne jamais croire un papiste, et lors de ma première arrivée dans le corps professoral d’Anglais, (explicitement) de ne jamais croire un philologue. Tolkien était les deux.». Lewis aime à qualifier Tolkien d’homme «un peu perdu et très particulier», et lui reproche d’être «un grand homme mais dilatoire et très peu méthodique». De son côté, Tolkien supportait mal la prolixité de Lewis et la rapidité avec laquelle celui-ci a écrit les chroniques de Narnia, sachant que lui-même a mis quatorze ans à rédiger le Seigneur des Anneaux. Enfin, Lewis supporte mal la critique littéraire de Tolkien, dont il a été de nombreuses fois la victime.

Mais même si de nombreux événements et de nombreuses divergences d’opinion semblent éloigner les deux auteurs l’un de l’autre au cours de leurs vies, leur amitié reste profonde et leur but commun intact. Par leurs œuvres, les deux auteurs ont su transmettre à leurs lecteurs leur amour et leur passion pour les histoires contées et la mythologie.

 

Avis de la Rédac’ 

Keul : Donner son avis sur une série d’œuvres comme celles-ci pourrait être des plus fastidieux et s’étendrait, à n’en point douter, sur plusieurs pages, aussi vais-je tenter de rester succinct. Pour commencer, j’ai assez apprécié l’œuvre générale proposée par Lewis, même si les sept œuvres qui composent le Monde de Narnia sont très inégales, autant dans leur longueur que dans leur contenu. Récits moralisateurs, les œuvres véhiculent un message philosophique et biblique qui servira de fil rouge tout au long de l’œuvre. L’auteur place au centre les enfants au cœur pur, seuls capables de sauver un monde de sa corruption et de la vision des adultes. D’ailleurs, même les héros ne sont pas à l’abri de perdre leur innocence et leur pureté, comme ce fut le cas de Susan, qui fut écartée par l’auteur car elle se met à sortir et à fréquenter des garçons de son âge (Je dois dire que ce passage m’a rendu perplexe, car il semble arriver de nulle part et sonne comme une sorte de vengeance personnelle de l’auteur envers la gente féminine, même replacé dans son contexte historique, mais passons). Au niveau du contenu et de l’écriture, ne vous attendez pas à de grandes envolées lyriques. Mon avis rejoint ici celui de Tolkien, qui jugeait l’œuvre quelque peu bâclée. Cette dernière se laissera cependant lire par les plus jeunes et peut donner une porte d’entrée intéressante sur la fantasy (même si d’autres œuvres, comme « A comme Association », « l’Epouvanteur » ou « Harry Potter », représentent certainement de meilleurs romans d’initiation). L’histoire ira également en s’assombrissant et il est parfois triste de constater que tout ce qui a été construit par les enfants visitant Narnia finit immanquablement par être détruit. Plus les histoires avancent et plus le Mal semble s’imposer, grignotant petit à petit la magie de ce monde pour arriver à la bataille finale qui se solde par la mort de tout les protagonistes, qui seront ensuite envoyés dans le « Paradis d’Aslan » pour y « vivre éternellement ». Un fin très apocalyptique donc, au sens premier du terme, car le dernier livre représente directement une adaptation du dernier livre du nouveau testament. Une œuvre intéressante donc mais qui, selon moi, est beaucoup trop imprégnée bibliquement et trop moralisatrice pour ne pas me faire grincer des dents. Petit conseil en passant, préférez de loin les volumes séparés à l’intégrale sortie dernièrement. Ce sera bien plus simple pour vous à manipuler et à transporter que la brique de près de 500 pages que forme l’intégrale.

Mikaua – Pour moi, cette série était très bien à son début. Son style, un peu trop facile à lire parfois mais honorable, collait à cet univers et le faisait découvrir aux lecteurs comme à travers les yeux d’un enfant. C’est peut-être ce qui explique que la diatribe au sujet de Susan choque autant : on croirait presque lire un commentaire rajouté sur le texte original tellement ça semble hors de propos. Alors d’accord, la morale chrétienne de l’époque était loin d’être souple, mais de là à diaboliser cette pauvre Susan dans une série destinée à la jeunesse, il y a un pas qu’aucun auteur ne devrait franchir ! – hélas, Lewis n’est pas le seul, Pullman nous a fait le même coup. Quant au message biblique, tant qu’il restait en arrière-plan, il ne dérangeait pas, mais plus on avance et plus il devient flagrant, si bien qu’au final il est plus asséné qu’amené. Le genre de manœuvre qui a tendance à me hérisser le poil, quelle que soit la religion : tout le reste du récit ne devient alors plus qu’un joli habillage destiné à rendre le message théologique moins flagrant. Ca reste une histoire bien construite et plutôt sympathique dans ses premiers tomes, mais beaucoup trop biblique sur la fin. Je rejoins Keul pour vous conseiller les volumes séparés : comme ça vous pourrez laisser le dernier volume de côté bien plus facilement.

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