Ready Player One (Film)

Adaptation du roman du même nom sorti en 2011 et écrit par Ernest Cline, Ready Player One est un film de science-fiction américain coproduit et réalisé par Steven Spielberg. Ready Player One raconte les aventures de Wade Watts, un jeune homme qui s’immerge dans un monde de réalité virtuelle pour échapper au quotidien de son monde mourant. Mais ce monde qui paraît si réel pourrait bien représenter la seule chance pour lui de sauver son monde réel, même si la lutte s’annonce bien plus difficile que tout ce qu’il avait imaginé jusque là.

Informations techniques

L’affiche du film

  • Titre original : Ready Player One
  • Date de sortie : 2018
  • Durée : 140 min
  • Réalisateur : Steven Spielberg
  • Scénario : Zak Penn, Ernest Cline
  • Avec : Tye Sheridan, Olivia Cooke, Ben Mendelsohn, T. J. Miller, Simon Pegg, Mark Rylance
  • Production : Amblin Partners, Amblin Entertainment, De Line Pictures, Farah Films & Management, Reliance Entertainment, Village Roadshow Pictures, Warner Bros., Rat-Pac Dune Entertainment
  • Genre : Science-fiction
  • Nationalité : Etat-Unis

NEW GAME – Résumé de l’histoire

L’histoire se déroule sur Terre en l’an 2045. Alors que l’humanité récolte les conséquences des choix de ces derniers siècles, subissant une crise énergétique sans précédent à la suite du changement climatique, la pauvreté et la guerre sont omniprésentes et les habitants n’ont plus guère d’espoir quant à leur futur. Mais dans ce monde chaotique, il existe tout de même un moyen de s’évader. Un moyen de quitter ce monde qui se meurt pour devenir quelqu’un d’autre ; et ce moyen c’est l’OASIS. L’OASIS est un système mondial de réalité virtuelle qui plonge la personne dans un univers totalement différent et qui reprend les mondes iconiques de la culture geek grâce à un système de visiocasques et de dispositifs haptiques, tels que des gants et des combinaisons. Développé à la base comme un jeu de type MMORPG, l’OASIS est très vite devenu un moyen pour tous de s’évader des problèmes quotidiens, si bien que nombre de personnes passent désormais plus de temps dans le jeu que dans la réalité. A la mort de son créateur, James Hallyday, on apprend que celui-ci lèguera l’OASIS au joueur qui parviendra à mettre la main sur un easter egg (« œuf de Pâques »). Celui-ci a été caché avec soin dans le jeu et seul l’obtention de trois clés permet d’y accéder. Mais ces clés sont si bien cachées que plusieurs années s’écoulent sans que personne ne parvienne à en obtenir ne serait-ce qu’une. Tout change cependant quand Wade Watts, un jeune orphelin de 18 ans, mettra la main sur la première clé via son avatar nommé Parzival. Devenant alors le « Player One » sur le tableau des scores, il devra faire face à Nolan Sorrento, le PDG de la multinationale Innovative Online Industries (IOI) qui désire s’emparer de l’OASIS pour la changer en génératrice de pubs et achats en ligne gigantesque. Plus que sauver un jeu, Wade devra alors lutter pour sauver sa vie et la dernière lueur d’espoir dans ce monde moribond.

Le fameux équipement permettant aux joueurs de se connecter à l’OASIS

Ready Player One, bien plus qu’une histoire de fan service

Autant aller directement au but : Ready Player One n’est pas du fan service. Alors oui, je vous vois déjà préparer vos arguments, fieffés galopins que vous êtes, mais prenez quelques secondes pour suivre les quelques éléments qui suivent. Tout d’abord, il est important de replacer Ready Player One dans le contexte actuel où – presque tous les trois mois – sort un nouveau film qui nous vend du fan service en veux-tu en voilà. Autant dire que ce film n’avait que peu de chance de passer à côté de ce genre de commentaire au vu du nombre d’icônes de la pop-culture qu’il reprenait.

Mais au fait, avant de crier au fan service, il peut être intéressant de se poser cette question : qu’est ce que le fan service au juste ? La question peut paraître simple, mais elle est beaucoup plus complexe au final. Essayons tout de même de poser une définition de ce qu’est le fan service. Basiquement – et sans entrer dans tous les détails – le fan service est un contenu inutile et digressif qui est ajouté à une œuvre et qui est destiné uniquement à contenter une demande ou une attente de fans. On comprend donc que le fan service n’apporte rien ou presque à une œuvre, si ce n’est qu’elle permet de rendre celle-ci plus vendeuse. Mentionnons au passage le fait que le fan service a souvent tendance à dériver sur des situations érotiques, voir même pornographiques dans les cas les plus extrêmes, et on comprendra que celui-ci n’est que peu apprécié.

Maintenant que les bases sont posées, essayons de voir si Ready Player One n’est rien d’autre que du fan service ou si l’utilisation des icônes de la pop-culture qui y sont exploitées apportent quelques chose au récit.

Les Avatars des héros dans l’OASIS

Avant de s’attaquer directement au décorticage du film, on peut déjà s’interroger sur son réalisateur, puisque le fan service provient directement de sa volonté. On remarque alors qu’il s’agit de Steven Spielberg, ce qui peut déjà donner un élément de réponse car ce réalisateur n’est – et de loin – pas connu pour faire dans le fan service. Au contraire, Spielberg est même plutôt connu pour apporter sa touche personnelle aux œuvres qu’il adapte tout en les insérant dans des thématiques actuelles. Ready Player One ne fait pas exception à la règle avec des thèmes comme le réchauffement climatique, la surconsommation, la digitalisation à outrance et l’évolution générale des jeux vidéo, mais ceci est un autre thème. Spielberg à la réalisation permet donc – avant même de débuter le film – d’être sûr d’une chose : le réalisateur connaît son sujet ! Car il ne faut pas oublier que Spielberg est en quelque sorte un geek, qui apprécie les jeux vidéo, les séries telles que Doctor Who, et qu’il a participé à un nombre incroyable de projets d’animation. Il a même aidé à la création des studios Dreamworks et a déjà travaillé sur des cross over du genre. Vous voyez peut-être à quoi il est fait référence et vous avez raison : Qui veut la peau de Roger Rabbit, un cross over improbable entre les héros de Disney et ceux des Loony Toons.

Maintenant que nous en savons un peu plus sur le réalisateur, intéressons-nous à l’œuvre en elle-même et tentons de voir ce que les icones employées apportent ou non à l’oeuvre.

Dès que Wade entre dans le jeu, la première référence qui est faite est celle de Minecraft, soit un univers qui peut être modelé à souhaits pour recréer – comme le font certains fans – des univers entiers. Cet élément représente donc une entrée en matière parfaite pour expliquer, sans utiliser de mots, ce qu’est l’OASIS et ce qu’elle représente.

Parzival porte également la ceinture de Han Solo, un héros solitaire que devra apprendre à faire équipe avec d’autres héros pour sauver le monde, chose que Parzival devra également apprendre à faire.

La personne qu’il rejoint conduit – elle – la moto de Kaneda dans Akira ; Kaneda qui est un héros se rebellant contre le système d’une mégalopole corrompue. On peut ici faire un parallèle avec Innovative Online Industries qui tente de s’imposer dans le monde des héros.

Au cours du film, le héros emploie la « Sainte-Grenade », qui est tirée du film « Sacré-Graal » des Monty Python dans lequel les chevaliers partent à la recherche d’une relique sacrée tout en affrontant une série d’épreuves. Le parallèle peut donc être fait avec la quête de l’easter egg du héros.

On pourra également citer la référence à « Retour vers le futur » via la DeLorean qui est conduite par le héros et qui permet – dans le film de référence – de voyager dans le temps. A bien y regarder, c’est ce que fait le héros pour arriver à ses fins : il fouille dans le passé pour trouver des réponses qui lui permettront d’obtenir les clés et l’easter egg.

Quelques uns des personnages emblématiques mis en scène par Spielberg avec ici, le géant de fer et Gundam

Plus généralement, nombre de personnages qui apparaissent dans le film représentent de jeunes adolescents qui tentent de lutter dans une guerre ou des conflits qui les dépassent, ou simplement des héros qui s’opposent à un système tout puissant et malveillant, ce qui est exactement ce qu’il se passe dans Ready Player One.

Ce ne sont ici que quelques exemples parmi des dizaines d’autres. Spielberg emploie donc ces icônes pour faire passer un message, pour porter le film vers des significations bien plus élaborées qu’il n’y paraît de prime abord. Les icônes sont là pour amener un propos, développer une idée, et pas simplement pour faire plaisir aux fans. Si vous n’êtes toujours pas convaincu, jetez un œil au méchant de l’histoire. Il s’agit d’un magnat d’une entreprise visant à exploiter la culture geek – sans pour autant la comprendre, comme on le remarque dans le film – et qui tente de négocier avec du fan service quand vient le moment de convaincre le héros de le rejoindre. Pire, quand il doit combattre, il choisit de prendre l’apparence de Mecha-Gozilla, soit la version industrielle et développée uniquement pour du fan service de l’une des plus grandes icônes de la culture japonaise.

Pour conclure, on remarque rapidement que les divers éléments présentés dans ce film le sont avec pertinence et qu’ils apportent un propos réel dans le développement de l’histoire, de l’univers dépeint, mais aussi dans le développement des personnages tout en respectant le message et les valeurs véhiculées dans les œuvres desquelles elles sont tirées, usant de symbolique et mettant la culture geek au même niveau que les autres cultures. Et toutes ces raisons font que Ready Player One est une antithèse du fan service !

La rencontre entre Hallyday et Wade sous la forme de son avatar Parzival. Hallyday n’est d’ailleurs pas sans rappeler le doc dans Retour vers le futur

Avis de la Rédac’

Keul : Je ne vais pas m’étendre plus que nécessaire sur le film, car la majeure partie de ce qui devait être dit l’a été dans le paragraphe précédent, mais je vais amener ici quelques éléments qui n’ont pas été traités plus haut (parce que sinon l’article aurait fait vingt pages). Pour résumer ça en quelques mots, le film est excellent, autant par ses références qui couvrent toute la culture geek (anime, manga, jeu de rôle, jeu vidéos, films, etc.) mais aussi par ses musiques (tirées elles-mêmes d’autres films et jeux vidéo). Les effets spéciaux claquent visuellement et l’univers reste assez cohérent quand on pense au gigantesque gloubi-boulga (oui j’ai osé utiliser gloubi-boulga) de différents univers. Les références apportent réellement quelques chose et je pense qu’il faut voir le film une bonne dizaine de fois pour comprendre toutes les allusions faites. Ce film m’a même donné envie de revoir certains autres films et de rejouer à deux jeux dont je ne me rappelais même plus l’existence. Mais je digresse encore alors finissons : Ready Player One est une petite pépite qu’il faut absolument voir pour comprendre la différence entre fan service et respect de la référence !

Xefed : Personnellement, je pense que le film est très bon et qu’il peut devenir encore meilleur une fois qu’on possède tous les éléments de référence. Difficile cependant de voir tous ces éléments en un seul visionnage. A mon avis – et je rejoins Keul sur ce sujet – il faut voir le film une bonne dizaine de fois pour espérer repérer toutes les petites références cachées. Il serait bon d’ailleurs de regarder ce film au fur et à mesure que notre culture geek s’étoffe, histoire de voir si on arrive à trouver de nouvelles allusions cachées (j’ai d’ailleurs « forcé » le reste du groupe à (re)regarder The Shining histoire de comprendre les références faites à ce film). Affaire à suivre donc mais je ne peux que vous le recommander d’ici là.

Mikaua : Ce film est parfait pour une soirée entre geeks. Comme déjà dit plus haut, l’histoire est bien posée, les effets spéciaux bien faits et ne s’imposent pas à l’écran, bref rien ne vient gêner le visionnage, si bien qu’on a tout loisir de tâcher de repérer les myriades de références geek plus ou moins cachées ici et là. Et à plusieurs, c’est jouissif. Que ce soit en salle en chuchotant à son voisin, ou sur le canapé à haute voix pour tout le groupe, c’est 140 minutes de partage, de fou-rires à plusieurs, et certainement quelques taloches vont fuser quand l’un ou l’autre se trompera totalement en croyant reconnaître une référence alors qu’il n’en est rien. En résumé, que du bonheur !

Wile C. Coyote : J’ai adoré ce film (en même temps, c’est un Spielberg, c’était déjà bien parti). Plein de références bien placées et de surprises un peu partout pour qui veut les chercher. Pour une fois j’ai préféré le film au livre (mais c’est un autre débat), c’est dire si j’ai apprécié. Pas la peine de répéter encore ce qu’ont dit mes vict… collègues, allez le voir et faites-vous votre propre avis

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