Salon du Livre et de la Presse de Genève 2012

Tout commence dans les sombres couloirs des mines de la Moria… Euh, pardon, de la gare de Genève-Aéroport ! Comme cette gare est complètement enterrée, ça lui donne un faux air de ressemblance avec une mine naine. Si j’apprécie moyennement, Gee et Kit sont aux anges – normal, au fond, quand on vit dans un terrier – et entonnent même un petit refrain de circonstance. C’est donc avec deux mascottes surexcitées par leur première sortie planquées au fond de mon sac à dos que je me lance dans la visite du Salon international du Livre et de la Presse de Genève (Suisse).

L'affiche du Salon international du Livre et de la Presse de Genève

Passé le portique d’entrée et l’indispensable carte du Salon international du Livre et de la Presse de Genève (surnommée affectueusement Carte du Maraudeur lors d’une précédente visite) récupérée, on se retrouve tout de suite dans l’ambiance : la foule, les stands des différentes éditions… Et même s’il n’est que 11h, il y a déjà une file d’attente impressionnante aux dédicaces-BD ! Mais au moins, on peut encore passer – plus tard dans la journée, il faudra certainement jouer des coudes pour réussir à se frayer un chemin.

Avant d’entrer dans le vif du sujet et de se mettre à la chasse aux bons livres, profitons d’avoir encore un sac à dos léger pour faire un petit tour du salon et jeter un oeil sur les différentes expositions.

Tour d’horizon

300ème anniversaire du Salon international du Livre et de la Presse de Genève oblige, une exposition était montée en l’honneur de Jean-Jacques Rousseau… Enfin, mine de rien, il fallait le savoir, sinon on passait facilement à côté : de petits « îlots » étaient dispersés à travers le Salon, tous différents les uns des autres : l’un ressemblait à un jardin, où des haut-parleurs en forme de fleur permettaient d’écouter des extraits des textes de l’auteur ; un autre ressemblait plus à une tonnelle rudimentaire qui avait surtout comme mérite de faire sursauter les visiteurs qui avaient le malheur de poser le pied sur son sol, geste fatidique qui déclenchait les hauts-parleurs… Bref, sympa dans la forme, mais ça ne donnait pas spécialement envie, et encore moins quand, comme moi, on n’est pas amateur de Rousseau.

Le Maroc était l’invité d’honneur, et il était difficile de passer à côté : entre ses stands d’éditeurs qui étaient regroupés à l’intérieur d’une réplique de palais des mille et une nuits et son café-restaurant monté sous une tente et où l’on pouvait s’asseoir par terre sur d’épais coussins, le dépaysement était au rendez-vous ! (Par contre, ‘fallait s’armer de patience si on voulait commander quelque chose… Moi, j’avoue, j’ai craqué et je suis allée à la concurrence : au stand de crêpes !).

Un peu plus loin, une exposition de photos sur les « Explorateurs du toit du monde » était présentée… dans des yourtes ! Deux grosses tentes de coton abritaient de magnifiques photos et mettaient tout de suite dans l’ambiance. Hélas, il faisait tellement chaud dans la halle de Palexpo que je n’ai pas osé me risquer dans les yourtes, je n’ai fait qu’admirer celles des photos qu’ils avaient accrochées à l’extérieur pour donner envie aux visiteurs.

Entracte – Pause de midi

Erreur à éviter lorsqu’on prend son repas de midi au Salon international du Livre et de la Presse de Genève : ne JAMAIS acheter des sandwichs sur place. Ils sont généralement hors de prix. Si vous voulez partir sur l’option pique-nique, prenez votre propre repas avec vous, un large espace avec des tables est réservé pour les accros du repas de midi sorti du sac.
Par contre, pour ceux qui préfèrent acheter sur place, il y a toujours moyen de trouver quelque chose à un prix raisonnable. Pour ma part, j’ai opté pour les nouilles sautées : ils ont apprêté les ingrédients d’avance, les nouilles sont sautées juste à la dernière minute. Délicieuses. Et en plus, ça donne l’occasion de frimer devant les autres visiteurs du Salon en prouvant qu’on sait se servir d’une paire de baguettes – petit plaisir d’amateur de cuisine asiatique.

Par contre, niveau dessert, il faut que je dénonce un cas de publicité mensongère. Le présentoir à salade de fruits était décoré de dessins de pastèques. De l’autre côté, il y avait même des pastèques entières en « décoration ». On pourrait donc penser qu’ils proposent de la pastèque sur leur buffet à salade de fruits. Eh bien non !
Gee – Et pourtant on a fait deux fois le tour du buffet pour vérifier…
Kit – Y’en a qui sont montés aux barricades pour moins que ça.
Gee – Ouais, bien dit ! Révolution !

Pendant que nos deux mascottes tirent des plans pour s’emparer du restaurant du Salon international du Livre et de la Presse de Genève, on peut mentionner l’une des curiosités de l’édition 2012 du Salon du Livre : l’importance donnée à l’écrit. Ca paraît être logique pour un Salon de ce genre, mais là ils ont vraiment poussé à l’extrême, allant jusqu’à remplacer toutes les images par le texte correspondant.
Prenez par exemple, l’affiche du Salon international du Livre et de la Presse de Genève de cette année, que vous avez découvert en tête d’article : elle n’avait pas d’image, c’était juste un fond blanc avec écrit « l’affiche » en grand, au milieu, et les informations nécessaires en bas. Et un peu partout dans la halle, c’était la même chose : « le banc » écrit sur chaque banc, « la poubelle » sur l’objet éponyme, etc. Ils ont même osé écrire sur le dos des t-shirts des hôtesses d’accueil « une hôtesse vue de dos ». Le genre d’humour bien vu qu’on ne peut que saluer !

Chasse aux livres

Bon, c’est pas tout de flâner, mais il serait temps de se mettre aux choses sérieuses !

Stand Gallimard

Kit – Eeeeh ben, ils ont la grosse tête, ici ? Le stand fait bien 4 fois la taille de ceux des autres éditeurs.
On pourrait le croire, quand on voit que stand du groupe Gallimard, mais en fait c’est juste parce qu’il s’agit d’un GROS groupe d’éditeurs…
Kit – *keuf*Synonyme*keuf*

Il s’agit d’un stand purement commercial, donc mieux vaut savoir ce qu’on veut ou avoir du temps pour chiner, parce que question conseils c’est pas trop ça. Dans les bons côtés : ils ont la bonne idée d’emmener à chaque fois leurs séries jeunesse au COMPLET, même s’il y a une dizaine de tomes. Toujours pratique pour remplir les trous de ses collections.

Secteur livres en anglais

Gee – Je crois que les installateurs ont mal compris : c’est en Espagne, le soleil, pas en Angleterre !
Kit – Ou alors ils essaient une nouvelle méthode pour gagner de la place : lyophiliser les livres…
Au fond, on se fichait un peu de savoir qui était coupable (certainement les spots qui éclairaient l’endroit, en fait), le résultat restait le même : il régnait sur cette partie du Salon une chaleur CANICULAIRE. On en plaignait ces pauvres vendeurs, coincés derrière leur caisses, avec comme seule arme contre la déshydratation quelques bouteilles d’eau. Mais niveau clients, le coin restait pas mal fréquenté grâce à un petit panneau judicieusement placé annonçant des livres soldés !
Hélas, faut croire que c’est des roublards qui avaient installé le tout : c’était presque uniquement des tomes 2 ou 3 qui se trouvaient là-dedans pour la SF-Fantasy. Dommage pour les lecteurs, bien pensé pour les vendeurs ! Reste qu’il suffisait d’avoir un minimum de curiosité et d’envie de fouiner pour trouver, un peu plus loin, au rayon purement fantasy, de quoi faire le bonheur des amateurs du genre parmi les piles de livres qui s’entassaient sur les tables. On ne le dira jamais assez, savoir lire plusieurs langues est un réel atout, de nos jours.
Gee – C’est rien de le dire ! Parce que les livres en langue belette, on les attend toujours.

Bragelonne

LA référence francophone en littérature fantasy et SF vient se présenter au Salon international du Livre et de la Presse de Genève depuis 3-4 ans à peine, mais pour le plus grands bonheur de ses lecteurs ! Si on peut reprocher au reste du Salon du Livre de Genève d’être devenu plus commercial ces dernières années, on trouve chez Bragelonne un petit îlot de convivialité très rafraîchissant ! Peut-être parce que les fans de SF-Fantasy forment déjà un groupe en soi et que du coup le courant passe mieux.
Le stand Bragelonne donne toujours deux raisons de s’y arrêter.
– Premièrement, son expo. Chaque année, on a droit à une petite expo des originaux des magnifiques dessins qui ornent les couvertures, un artiste différent étant présenté chaque année. De quoi avoir envie de faire une folie et de d’offrir une des œuvres… Cette année, c’était Didier Graffet, l’homme qui a fait toutes les couvertures des œuvres de Gemmell chez Bragelonne, qui était à l’honneur.
– Et deuxièmement : les CONSEILS !! Ca fait des années que je vais à chaque édition du Salon du livre, et il n’y a QUE chez Bragelonne qu’un vendeur, me voyant hésiter dans les rayonnages, est venu spontanément me proposer de me conseiller. A l’ère du commercial et du service minimal, moi je dis : MERCI BRAGELONNE ! Et en plus, on sent que ça leur fait vraiment plaisir de partager leurs coups de cœur en lecture. Résultat, ils vous conseillent jusqu’à ce que vous les arrêtiez ! En gros : que du bonheur.

Donc, en exclusivité pour Geek-it, quelques conseils en direct de chez Bragelonne :
La Roue du Temps (série). Premier conseillé entre tous, le monument en second de la fantasy – juste derrière Tolkien – s’offre une toute nouvelle traduction francophone, la première ayant été un ratage monumental qui a empêché la série d’être mieux connue parmi les fans francophones.
– Lamentation. « Imaginez la ville la plus importante du continent, possédant l’équivalent de la bibliothèque d’Alexandrie. A la page 2, elle explose. Et là-dessus, forcément, tout le monde rapplique pour essayer de récupérer des bribes de savoir et se les approprier ». Présentation simple, mais très accrocheuse. Un monde avec juste une pointe de steampunk.
– Kushiel. L’histoire d’une « courtisane », mêlée à tout une série d’intrigues politiques fort bien ficelées. Le vendeur admet toutefois que l’histoire a du mal à démarrer. (Ayant lu le livre en question, j’estime personnellement qu’il faut bien 300 pages pour que la réelle intrigue se décide à commencer).
– Œuvres de Trudi Canavan. Plutôt que la plus connue Trilogie du Magicien noir, le vendeur conseille  la préquelle (l’Apprentie du Magicien) et le second cycle (les Chroniques du Magicien Noir).
– Ravens (trilogie). De la bonne heroic-fantasy, avec un style qui serait à mi-chemin entre un jeu de rôle et un roman de Gemmell. De l’action non-stop, et ce dès le début. Selon le vendeur, à la 20ème pages, on se demande déjà comment ça va finir vu les tournants que prend l’histoire – un avis que je partage.
– Xanth (série). De la light fantasy. La bande-dessinée Lanfeust avait piqué là son idée de monde où chacun serait doté d’un pouvoir magique. D’ailleurs, si par malheur quelqu’un y vivant se trouvait être dépourvu de pouvoir magique, il serait aussitôt jeté dehors, sans espoir de pouvoir revenir dans ce royaume enchanteur. C’est malheureusement ce qui arrive au héros, qui part alors en quête de son pouvoir pour éviter de se faire bannir.Une série à l’humour décalé très sympathique, chouchoute en second des deux vendeurs du stand.

On passe du côté littérature jeunesse, mais comme le dit le vendeur « On est en jeunesse, mais on s’en fiche ! Y’a du bon aussi. ».
– Le choix de la magie (série). Une très bonne histoire, avec deux trames temporelles très différentes qui se répondent l’une l’autre d’une manière qui captive autant qu’elle intrigue.
– Éphémère. L’histoire a un thème très dur, mais tellement bien amené qu’il passe tout seul. Dans un futur pas si lointain, l’humanité s’est auto-condamnée, à force de manipulations scientifiques, à une espérance de vie ne dépassant pas 25 ans. Les jeunes femmes, au nom de la survie de l’espèce, sont alors victimes de mariages forcés…
– Le Pays des Morts (série). Encore un thème très dur, quoique cette fois traité plus en arrière-plan : celui de la maltraitance d’enfants. Roger, 15 ans, a le don de pouvoir voyager dans le pays des morts et de parler avec les disparus. Mais pour son malheur, il ne peut faire cela que lorsqu’il souffre. Une histoire mêlant politique et une vision de la mort assez unique en fantasy.

Après une demi-heure de conseils, j’ai dû arrêter là le sympathique vendeur qui me faisait l’éloge de tous ces magnifiques livres – et qui s’était même amusé à prendre son collègue à témoin en certaines occasions -, mais j’avais les bras pleins et encore quelques endroits du Salon international du Livre et de la Presse de Genève à visiter.

Fin de la visite

Cette fois ça y est. Quelques minutes à se faufiler comme un Sheikah entre les fans qui attendent leur dédicace dans le coin des bandes-dessinées, un signe de tête au vigile qui surveille la sortie pour arrêter les resquilleurs, et brusquement on se retrouve dehors, dans un calme qui choque presque après le brouhaha permanent du Salon, le sac à dos bien alourdi et le porte-monnaie d’autant plus léger. Il ne reste plus qu’à profiter un peu de l’air pur avant de replonger dans la Moria y attraper le train qui nous ramènera à nos pénates !
Enfin, pour ma part, je vais faire un détour par le petit supermarché qui a eu la bonne idée de s’installer à l’entrée de la gare. Il me reste un rituel à effectuer, qui nécessite d’avoir une cuillère sur soi – à soupe ou à café, c’est selon. Comprenne qui pourra !

C’était Mikaua, pour ce numéro spécial d’Insert Book au Salon international du Livre et de la Presse de Genève !

Partagez

Vous aimerez peut-être...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.