Sherlock – le nouveau détective du 21ème siècle

Les séries policières fleurissent et ont, hélas, tendance à se ressembler. Mais heureusement, il y en a qui se démarquent. Et parmi elles, une adaptation remarquable d’une série de romans et nouvelles âgés pourtant de plus d’un siècle. Oui chers lecteurs, le détective à la casquette, Sherlock Holmes, approche les 130 ans d’existence, et sans perdre une miette de son attrait !

Sortie en 2011 sous nos latitudes francophones, la série Sherlock propose une version moderne de ce cher Holmes, transposé dans notre 21ème siècle. Nous allons nous pencher sur ce cas tout à fait intéressant.

C’est parti pour un tour !

Sherlock à gauche, Watson à droite

Sherlock à gauche, Watson à droite

Fiche technique

Pays d’origine : Royaume-Uni

Première diffusion : Juillet 2010 au Royaume-Uni ; courant 2011 pour la francophonie

Genre : Policier – Enquête

Créateurs : Mark Gatiss et Steven Moffat, d’après l’oeuvre de Sir Arthur Conan Doyle

Production : BBC (entre autres)

Nombre de saisons : 3 diffusées + 1 épisode spécial, la 4e est en cours de tournage

Nombre d’épisodes : 10 diffusés (90 minutes chacun), et 3 en tournage

Casting des personnages principaux

Sherlock Holmes : Benedict Cumberbatch

Dr. John Watson : Martin Freeman

Lieutenant Lestrade : Rupert Graves

Mme Hudson : Una Stubbs

Mycroft Holmes : Mark Gatiss

Créateurs

Mark Gatiss

Né le 17 octobre 1966 à Sedgefield, Angleterre. Il est tout autant auteur et dramaturge qu’acteur. Il est connu pour avoir fait partie de la série comique The League of Gentlemen (en français « Le club des Gentlemen), série ayant gagné un Perrier Award.

Il a écrit de nombreux scénarios, romans et autres pièces audio, notamment pour la série Doctor Who. Il est d’ailleurs apparu plusieurs fois dans cette dernière série en tant que, entre autres, Richard Lazarus (« L’expérience Lazarus », seconde série, saison 3) et Gantok (« Le mariage de River Song », seconde série, saison 6).

Dans la série Sherlock, il ne se contente pas d’être co-créateur et co-producteur, il a également écrit les scénarios de plusieurs épisodes. Et, enfin, il incarne le personnage de Mycroft Holmes, le frère aîné de Sherlock.

Steven Moffat

Né le 18 novembre 1961 à Paisley, Ecosse. Il est écrivain et producteur. Depuis 2010, il est producteur de la série Doctor Who. Il a écrit le scénario de plusieurs épisodes tant de Sherlock que de Doctor Who. (Comme quoi, le monde de la BBC britannique est petit.)

La série

On pourrait croire que transposer Sherlock Holmes au 21ème siècle serait trahir tout l’esprit de l’univers, mais il n’en est rien. Le détective de Conan Doyle avait beau vivre au 19e siècle, il était très moderne : il passait son temps à envoyer des câbles (une sorte de télégramme, transmis par télégraphe électrique) pour récolter les informations nécessaires à la résolution de ses affaires, se tenait au courant des dernières découvertes scientifiques et écrivait lui-même bon nombre d’articles sur des sujets très pointus.

Le Sherlock de la série a le même besoin d’être à la pointe de son art, et il utilise pour cela les moyens que le 21e siècle met à sa disposition : sms, recherches internet, etc. Tout est bon pour arriver à ses fins. Les moyens employés diffèrent, mais c’est bien le même intellect, la même formidable capacité d’observation et la même aptitude fulgurante à tirer les conclusions qui s’imposent à partir de détails qui échappent au commun des mortels. Un mécanisme de pensée que la série s’emploie à démontrer de nombreuses et différentes manières, réussissant magistralement à illustrer le mécanisme de déduction de Sherlock et à nous emmener dans le cœur de l’action plutôt que de nous laisser simple spectateur.

Sherlock au microscope

Jamais mieux servi que par soi-même

A ce sujet, autant Benedict Cumberbatch que ses différents doubleurs en langues étrangères méritent un grand coup de chapeau : le détective expose ses réflexions à un débit tel que chaque réplique devient un véritable exercice de diction qu’ils réussissent avec un brio digne de louanges !

On pourrait reprocher au détective de la série d’être plus cassant, plus arrogant, que son ancêtre. Or, le Sherlock Holmes originel n’hésitait pas à démonter scrupuleusement et sans aucune diplomatie les théories de son compère le docteur Watson (le meilleur exemple étant dans le premier chapitre du roman « Le chien des Baskerville »). Mais, selon moi, la politesse exemplaire des Anglais de l’époque masque relativement efficacement une arrogance qui transparait beaucoup mieux avec un vocabulaire plus actuel.

La grande force de la série Sherlock est de se nourrir des écrits de sir Arthur Conan Doyle tout en sachant innover et mener les fans de surprise en surprise. La plupart des épisodes se basent sur une ou plusieurs des aventures du célèbre détective. Par exemple, le premier épisode de la première saison, intitulé « Une étude en rose », s’appuie très clairement sur le premier roman de Sherlock Holmes, qui s’appelle « Une étude en rouge ». Les titres sont proches, mais le début aussi. De la rencontre entre les deux protagonistes principaux jusqu’à la scène de crime, la série et l’écrit sont très ressemblants. Mais à partir d’une situation initiale semblable, la série télévisuelle réussit le tour de force de nous offrir une toute autre intrigue, qui permet de ravir autant ceux qui ont lu les écrits que ceux qui découvrent. Quantité de références aux écrits originaux se glissent au fil des épisodes, venant à la fois témoigner de la qualité du travail de recherche effectué par les scénaristes mais également titiller les Sherlock-philes ayant déjà lu les romans.

En bref, la BBC britannique nous offre une série moderne, pleine de dynamisme, aux personnages très charismatiques et attachants. Les enquêtes sont prenantes, les relations entre les personnages apportent de la profondeur à l’univers. Elle amène de la fraîcheur et de la modernité au détective de sir Arthur Conan Doyle, sans trop s’en éloigner, lançant en quelque sorte un pont par-dessus deux époques distantes de plus d’un siècle.

Et le plus beau, c’est que ce pont est à double sens : les amateurs des aventures écrites pourront aimer la série, et les fans de la série pourront apprécier les aventures écrites, et cela sans pour autant avoir l’impression de s’être fait raconter deux fois la même histoire.

Le saviez-vous ?

Le premier acteur auditionné pour le rôle du Dr John Watson était Matt Smith. Mais son interprétation fut jugée « trop cinglée ». Ce casting lui valut toutefois d’être repéré par Steven Moffat qui, quelques temps plus tard, lui offrit le rôle du 11e Docteur. (Quand je vous disais que le monde de la BBC est petit !).

Sources

– L’Internet Movie Database

– La série Sherlock, saisons 1 à 3 + l’épisode spécial « L’effroyable mariée »

– Wikipédia

Source des photographies

Allociné

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5 Réponses

  1. Daraven dit :

    Je suis d’accord avec Rachel, cette série a réellement été une bonne surprise. Je suis un fan de la première heure des romans et j’attendais cette série avec beaucoup d’appréhensions et de méfiance. Au final j’ai été surpris en bien et c’est assez rare pour être mentionné. J’aime bien l’article, en particulier les références à Doctor Who dont j’ignorais certains liens avec cette série, je suis toujours preneur pour ce genre de petites annecdotes qui approffondissent mes connaissances cinématographiques.

    • Mikaua dit :

      Personnellement, je suis tombée sur la série totalement par hasard, mais sa qualité m’a aussitôt séduite. En tout cas, ravie d’avoir su satisfaire un autre amateur des aventures écrites de Sherlock Holmes.

  2. Rachel dit :

    Très bon article sur une série que j’apprécie énormément. Merci pour les petites anecdotes 😀

    • Mikaua dit :

      Mais de rien ! Je suis moi-même grande amatrice de cette série, ainsi que des écrits de Conan Doyle, c’est donc avec plaisir que je partage mes découvertes ! ^^

  1. 18 septembre 2016

    […] Gatiss est l’un des principaux scénaristes de la série Doctor Who, ainsi que de Sherlock. Il est également très connu grâce à cette dernière série pour son interprétation de Mycroft […]

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