The Big Lebowski

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Sorti en 1998 sans faire trop de vagues, ce film, inspiré du roman Le Grand Sommeil de Raymond Chandler et de la vie de Jeff Dowd, est aujourd’hui considéré par beaucoup comme l’ultime film culte.

Fédérant un large public, principalement des étudiants et des contestataires, cette œuvre intemporelle conquiert par son humour décalé, ses personnages déjantés et ses dialogues sans queue ni tête.

Les trois personnages principaux durant l’une de leurs parties de bowling

Les trois personnages principaux durant l’une de leurs parties de bowling

Intrigue

Jeffrey Lebowski, dit le Duc ( the Dude en VO), sans emploi et sans ambition, passe ses journées à boire des russes blancs, fumer des joints et jouer au bowling avec ses amis Walter et Donny, jusqu’au jour ou deux voyous l’arraisonnent dans son appartement, car Mme Lebowski leur doit de l’argent.

Ils maltraitent le Duc, dévaste son logis et urine sur son tapis, pour comprendre, un peu tard, que notre héros n’est autre que l’homonyme d’un multimillionnaire de Beverly Hills.

Poussé par son ami Walter, le Duc se rend chez M. Lebowski pour demander un dédommagement pour son tapis. Malheureusement, le richissime vétéran de guerre ne l’entend pas de cette oreille et congédie notre héros séance tenante.

Ce dernier décide alors de simplement prendre le tapis qui lui plaît et de rentrer chez lui boire un cocktail. Mais quelques jours plus tard, Mme Lebowski disparaît et M. Lebowski demande l’aide du Duc pour la retrouver. Ce travail de détective le confrontera à une artiste contemporaine excentrique, un magna du porno, des nihilistes allemands, un furet et une pléthore d’autres personnages plus dérangés et dérangeants les uns que les autres.

Fiche technique

  • Titre original : The Big Lebowski
  • Titres québécois : Erreur sur la personne, Le Grand Lebowski (pour la sortie DVD)
  • Réalisation : Joel Coen, Ethan Coen (non crédité)
  • Scénario : Joel et Ethan Coen
  • Genre : Comédie
  • Durée : 117 minutes

Style

Les frères Cohen ont largement surpris la critique avec la sortie de The Big Lebowski, juste deux ans après avoir sorti l’exceptionnel Fargo qui remporta de nombreux prix et notamment deux oscars. Tranchant radicalement avec leur plus grand succès à ce moment, les Cohens font cependant étalage de leur maîtrise du scénario.

Les dialogues sont particulièrement savoureux, car principalement vides. Rarement le sujet de départ n’est traité et les digressions se suivent pour finalement entraîner une incompréhension totale entre les protagonistes.

Ce sont d’ailleurs ces dialogues qui produisent le plus souvent l’humour du film, générant des réactions inattendues chez les personnes impliquées, et en particulier Walter, dont le tempérament explosif crée des conflits immédiats avec qui que ce soit.

Il est à noter que la vulgarité et la grossièreté sont omniprésentes et ajoutent beaucoup à l’humour du film.

Pour ce qui est du visuel, le spectateur se voit offrir des cadres mémorables et variés. Diner américain cliché, vieux bowling, villa luxueuse et banlieue désuète nous renvoient l’image de l’Amérique des années 1990, avec ses clivages sociaux et générationnels, illustrés ici par l’opposition des deux Lebowski.

Mais la plus belle prouesse visuelle de ce long métrage reste la séquence rêvée par le Duc lors d’un trip sous LSD. Psychédélique et freudienne, elle nous en apprend plus sur notre héros, en utilisant des allégories sur le bowling.

La bande originale, quant a elle, se révèle éclectique et entraînante. Country, rock, techno-pop, les styles se mélangent et se recoupent au fil des scènes, soulignant merveilleusement les états d’esprit ou les actions des divers acteurs.

On notera aussi une certaine intolérance du héros face a un groupe particulier dont l’œuvre fait parti de cette bande originale, créant ainsi un décalage hilarant avec son environnement.

Acteurs

  • Jeff Bridges : le Duc (The Dude en VO)
  • John Goodman : Walter Sobchak
  • Julianne Moore : Maude Lebowski
  • Steve Buscemi : Théodore Donald « Donny » Kerabatsos
  • David Huddleston : The Big Lebowski

Le deuxième point fort du film est sans nul doute le casting, qui recèle des acteur talentueux, dont Philip Seymour Hoffman et Jeff Bridges qui gagneront des oscars quelques années plus tard, ainsi que John Goodman et Steve Buscemi, les deux acteurs fétiches des Cohens.

Deux performances sortent par ailleurs du lot:

Jeff Bridges dans le rôle du Duc est si incroyable qu’on pourrait croire qu’il est ainsi dans la vie. Rarement on a vu un personnage coller si bien à un acteur, tant le physique, les mouvements, les expressions de son visage semblent venir tout droit de l’homme en lui-même.

Une rumeur stipule d’ailleurs que, par souci d’authenticité, Bridges fumait de la marijuana avant les tournages pour être plus en phase avec le personnage. Rumeur qu’il n’a jamais été démentie.

Jeff Bridges dans son rôle du Duc

Jeff Bridges dans son rôle du Duc

John Goodman, acteur au physique impressionnant (1.88m pour 180kg à l’époque), impose toute sa stature au personnage de Walter Sobchak, un vétéran du Vietnam colérique et frustré. Accès de rages, menaces et intimidations se succèdent tout au long du film et contrastent finalement avec le dénouement émotif de l’histoire.

John Goodman dans le rôle de Walter Sobchak

John Goodman dans le rôle de Walter Sobchak

Goodman fut d’ailleurs nominé pour un Satellite Award pour cette prestation.

Analyse

Un des sujets récurrent et primordial dans la narration de cette œuvre est le statut de vétéran des protagonistes.

Non seulement au sens premier, en ce qui concerne Walter et M. Lebowski, mais aussi, dans une autre mesure, le Duc, qui fut un activiste pacifiste dans sa jeunesse.

Si ce dernier a accepté depuis lors que sa révolution avait échoué et que le monde ne changerait pas en sa faveur, les deux premiers cités se bornent à cimenter leurs valeurs agressives et martiales pour masquer leurs faiblesses, physiques ou psychologiques, derrière une façade violente et autoritaire.

Tous ont offert leurs meilleures années à une cause en laquelle ils croyaient, mais qui finalement n’a été qu’un échec. Le sentiment d’injustice face a ce manque de rétribution pour leur sacrifice provoque une grande frustration chez les deux anciens militaires, mais le Duc, lui, a accepté l’échec, car comme il le dit lui-même « des fois tu cognes le bar, et des fois c’est le bar qui te cogne. ». La vie est ce qu’elle est, autant en profiter et jouer au bowling.

Avis de la Rédac’

En conclusion, The Big Lebowski est une expérience à tenter de toute urgence. Cependant, il est possible que vous ressentiez une certaine frustration, puisque certains arcs narratifs ne sont pas clos à la fin du film.

Surtout, si vous pouvez, regardez-le en VO, car les dialogues, bien que traduits au mieux, ne sont de loin pas aussi incroyables en français.

Mon seul conseil, restez ouvert, laissez-vous porter et ne prenez pas tout ça trop au sérieux, pour citer le Duc,

« Sans blague ? Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? C’est ton opinion, mec »

Vous avez dit culte ?

Qu’un film devienne une référence dans son genre est assez courant dans notre société.

Mais qu’un film se voit vouer un véritable culte, au point d’engendrer une religion, reste une exception assez rare pour la mentionner.

Le dudéisme fut fondé en 2005 à Los Angeles par quelques fan du Duc, lassés par la course contre la montre qu’est notre vie moderne.

Les principes sont assez simples : rester tranquille, se laisser porter par le courant et tenir bon.

Pour plus d’information, je vous conseil de lire The Abide Guide.

Pas d’inquiétude, c’est parfaitement inoffensif et surtout assez drôle pour qui saura prendre tout ça avec la dose d’humour qui s’y prête.

The Abide Guide

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