Trilogie de l’Elfe noir / R. A. Salvatore

Seconde par la parution mais première chronologiquement, cette trilogie permet à R.A. Salvatore, auteur bien connu de l’univers des Royaumes Oubliés, de nous faire découvrir la jeunesse de son héros emblématique : Drizzt Do’Urden, l’elfe noir. L’auteur emmène ses lecteurs dans les entrailles de la terre, à la découverte de l’Outreterre, un univers aussi mystérieux que mortel, et où s’épanouit la race des cruels elfes noirs propres aux Royaumes Oubliés : les drows.

Terre Natale - Tome 1 de la trilogie

Couverture du tome 1

Fiche technique

Regroupe les titres : Terre natale, Terre d’exil, Terre promise

Titres originaux : Homeland, Exile, Sojourn

Titre original de la série : Dark Elf trilogy

Fait partie de : la Légende de Drizzt

Auteur : Robert Anthony Salvatore

Genre : Fantasy

Nombre de tomes : 3

Niveau : Lecteur moyen

Bibliochimie

Si un alchimiste voulait recréer cette série dans son alambic, quelles choses pourrait-il utiliser comme ingrédients ?

– La maîtrise de scénario d’un grand maître du jeu de rôle

– De très intéressants questionnements sur les notions de bien et de mal

– Des combats à couper le souffle

L’histoire

Attention, spoilers.

Au cœur des ténèbres souterraines de l’Outreterre, Menzoberranzan, la cité des Araignées, affiche un calme trompeur. La maison Do’Urden, dixième famille de la cité drow, a décidé qu’il était temps pour elle de s’élever dans la hiérarchie du pouvoir. En conséquence, tous les membres de la famille sont consciencieusement en train de préparer l’annihilation de la maison De Vir, alors neuvième maison ; car telle est la voie des elfes noirs : à condition d’agir discrètement et de ne laisser aucun témoin, assassiner ceux qui détiennent le pouvoir convoité afin de pouvoir prendre leur place est une manière d’agir tout à fait commune et se verra même récompensé par les faveurs de la déesse des drows, Lolth, la dame du Chaos.

Drizzt Do’Urden nait pendant l’attaque de la maison De Vir. En tant que troisième fils vivant, il était voué à être sacrifié à Lolth, mais son frère aîné Nalfein est assassiné pendant l’assaut, ce qui lui vaut la vie sauve. En grandissant, le jeune Drizzt se montre hors normes à plus d’un titre : en plus de l’étrange nuance lavande de ses yeux et de ses exceptionnels talents dans le maniement des armes, il possède également quelque chose qui fait défaut aux autres membres de sa race : une conscience. Ce sens inné du bien et du mal poussera le jeune drow à s’interroger à de nombreuses reprises sur les agissements de ses compatriotes.

Au fil du temps, ses talents pour l’épée s’affirmeront, d’abord sous la houlette du maître d’armes familial, Zaknafein Do’Urden, puis à l’école des guerriers drows, mais ses certitudes s’effriteront de plus en plus, jusqu’à ce qu’un raid à la surface auquel il participe achève de lui révéler la noirceur de ses frères de race : en voyant les drows massacrer des elfes sans défense, Drizzt réussit à se libérer de l’endoctrinement qui est dispensé à chaque jeune drow épargne une enfant elfe, qu’il parvient à dissimuler sous le cadavre de sa mère – un acte de bonté qui attirera sur lui, ainsi que sur sa famille, les foudres de la déesse Lolth.

Révolté par la société pervertie des drows, écoeuré à l’idée de devoir tuer encore et encore ses frères de race pour survivre, Drizzt projette de s’enfuir de la cité en compagnie du maître d’armes Zaknafein, qui partage sa vision du monde mais qui, faute d’endroit où aller, s’était résigné à une vie de meurtres. Hélas, matrone Malice, la mère de Drizzt et la cheffe de la famille Do’Urden, découvre les agissements de son fils cadet et veut l’offrir en sacrifice pour apaiser la Dame du Chaos. Zaknafein, qui est le père de Drizzt, offrira sa vie pour que son fils soit épargné. Lorsqu’il le découvre, Drizzt rejette alors les voies de son peuple et sa cruelle déesse. Il quitte alors Menzoberranzan pour vivre dans l’Outreterre, accompagné seulement de sa fidèle amie Guenhwyvar, une panthère noire vivant dans un autre Plan qu’il peut appeler à ses côtés grâce à une statuette enchantée.

Commence alors pour le jeune drow le long voyage que sera pour lui la recherche d’un foyer. Il découvrira la différence entre vivre et survivre dans la solitude noire et glacée de l’Outreterre, fera l’expérience de la solidarité en vivant avec les gnomes des profondeurs, les svirfneblins, et expérimentera l’amitié avec Belwar, le gnome, et Caqueteur, transformé en monstre par un sorcier. Mais il fera aussi l’amère expérience du goût de son peuple pour la vengeance : bien décidée à retrouver les faveurs de sa déesse, Matrone Malice Do’Urden traquera sans relâche son fils renégat, envoyant d’abord ses autres enfants à ses trousses, puis le défunt Zaknafein lui-même sera transformé en esprit-fantôme, un mort-vivant conservant les compétences de sa vie passée mais dont la volonté est sous contrôle d’une mère Matrone, en l’occurrence Malice.

Les couloirs de l'Outreterre pour la couverture du tome 2 (Todd Lockwood)

Les couloirs de l’Outreterre pour la couverture du tome 2 (Todd Lockwood)

Drizzt devra donc affronter son propre père avec ses lames. Heureusement, grâce à l’intensité du combat, Zaknafein réussira à se libérer assez longtemps du contrôle de matrone Malice pour se jeter dans un lac d’acide, sauvant ainsi une nouvelle fois son fils au prix de son existence.

Cette nouvelle épreuve convaincra définitivement le jeune Drizzt qu’il ne se trouve aucune place pour un drow tel que lui dans l’Outreterre. Il se décidera alors à aller chercher à la surface le foyer qui lui est refusé dans les cavernes où il a vu le jour.

A la surface, Drizzt va découvrir qu’il est toujours aussi difficile de trouver sa place pour quelqu’un de sa race, d’autant plus lorsqu’on ne possède aucune base de langage commune permettant de dialoguer avec les humains dont il aimerait se faire accepter. Accusé de meurtres dont il est innocent et pris en chasse par un chasseur de primes hargneux qu’il a blessé en état de légitime défense, le drow devra fuir pour respecter les valeurs en lesquelles il croit. Heureusement, un vieux rôdeur, Montolio, ancien aventurier à la retraite, prendra le jeune exilé sous son aile et lui apprendra ce qu’il doit savoir pour vivre à la surface. Il remarquera également chez son compagnon des prédispositions pour la carrière de rôdeur et lui apprendra tout ce qu’il sait. Une fois son temps avec Montolio terminé, Drizzt repartira en quête d’un chez lui. Un voyage qui l’emmènera jusque tout au nord du continent, à Dix-Cités, un pays de réprouvés, où un renégat pourrait trouver une place où ses actions compteraient plus que la couleur de sa peau. Cela, bien sûr, à condition que le chasseur de primes, toujours décidé à faire payer le jeune drow pour ses blessures, ne vienne pas gâcher tous ses efforts.

Arrivée à la surface (Todd Lockwood pour la couverture du tome 3)

Arrivée à la surface (Todd Lockwood pour la couverture du tome 3)

Le style

Salvatore a un style très vivant qui attire le lecteur au cœur de l’histoire. Ses descriptions de lieux ou de personnages sont extrêmement bien maîtrisées – certainement grâce à l’entraînement dû aux nombreuses parties de jeu de rôle qu’il a dirigées en tant que maître du jeu – et restent toujours au juste équilibre, donnant assez de détails pour qu’on se fasse une bonne représentation mentale mais pas trop pour ne pas lasser, ni sortir le lecteur de l’ambiance ; quant aux descriptions de combat, elles sont fluides, énergiques, et idéales pour se croire au cœur de l’action.

Cette trilogie voit également apparaître une des marques de fabrique de la saga de Drizzt : les courts textes qui accompagnent chaque nouvelle partie. Ils semblent écrits de la plume même du jeune drow et viennent souligner tel ou tel point de réflexion, donnant plus de profondeur au personnage ainsi qu’à la dimension psychologique des romans.

Petite note sur l’univers

La trilogie de l’Elfe noir se déroule pendant la période chronologique allant de l’année 1297 à 1347 selon le calendrier des Vaux. Elle se passe donc avant le Temps des Troubles.

Conclusion

Mikaua : Les drows sont un peuple des plus intéressant et, de tous les auteurs qui participent aux Royaumes Oubliés, c’est sous la plume de Robert Anthony Salvatore qu’ils se révèlent les plus vivants. La cité de Menzoberranzan est un chef d’oeuvre dans sa construction, mais surtout dans son peuplement : plus que les dizaines de palais artistiquement creusés dans la roche et nimbés de la lueur de feux féériques, ce sont les personnages si charismatiques qui l’habitent qui font que cette cité, si vivante, marque l’esprit du lecteur. De l’avis unanime de la rédaction de Geek-It, si la race des drows a été crée par Gary Gygax, c’est Salvatore qui leur a permis de réellement vivre et de devenir ce qu’ils sont aujourd’hui.

Drizzt Do’Urden s’est hissé au rang de personnage emblématique des Royaumes Oubliés et de la fantasy, et c’est un véritable plaisir de découvrir sa jeunesse, et d’observer le contraste qu’il offre avec ses frères de race.

Pour toutes ces raisons, la trilogie de l’Elfe noir est devenue un des classiques de la fantasy et un incontournable pour tout rôliste adepte de Donjons et Dragons.

Source des images

– Le site internet des éditions Milady pour la couverture du tome 1

– La galerie de Todd Lockwood, artiste officiel des couvertures des aventures de Drizzt

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4 Réponses

  1. Daraven dit :

    Une excellente trilogie pour une série magnifique qui m’avait fait réviser mon jugement sur la fantasy à l’époque où je l’avais découverte. Non seulement les personnages sont attachants, mais en plus l’auteur sait vraiment y faire avec l’univers des Royaumes Oubliés. J’ai tellement apprécié cette série que ça m’a donné envie de me lancer dans la masteurisation de Donjons et Dragons 3, juste pour découvrir les contributions de Salvatore à cet univers. Depuis je suis un fan inconditionnel, autant de l’univers des R.O. que de la série ou du jeu de rôle. En tout cas, un bon article sur un sujet qui mérite d’être mieux connu. Continuez à proposer des préde cette qualité et vivement la présentation de D&D3.

    • Mikaua dit :

      J’étais personnellement déjà une grande amatrice de Fantasy, mais la trilogie de l’Elfe noir m’a définitivement fait basculer dans les Royaumes Oubliés, qui reste depuis mon univers favori – que ce soit en lecture ou en jeu-de-rôle. Ravie donc d’avoir rendu correctement hommage à ces livres !

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