Trilogie d’une nuit d’hiver / Katherine Arden

Envie de changer un peu de la fantasy occidentale classique ? Enfilez vos parkas les plus chaudes et aventurez-vous dans la Trilogie d’une nuit d’hiver. Ces premiers romans très prometteurs de Katherine Arden vous feront découvrir le folklore ainsi que l’histoire de la Russie, entre traditions ancestrales et chrétienté.

L'ours et le rossignol, premier tome de la trilogie d'une nuit d'hiver

La couverture du premier tome pose déjà l’ambiance

Fiche technique

  • Titre de la trilogie : Trilogie d’une nuit d’hiver
  • Titre original de la trilogie : Winternight trilogy
  • Regroupe les titres :
    • L’ours et le rossignol
    • La fille dans la tour
    • L’hiver de la sorcière
  • Titres originaux :
    • The bear and the nightingale
    • The girl in the tower
    • The winter of the witch
  • Auteur : Katherine Arden
  • Genre : Fantasy, Fantasy historique, Conte
  • Editeur : Denoël
  • Années de sortie francophones : 2019-2020
  • Nombre de tomes : 3
  • Niveau : Lecteur moyen

 

Bibliochimie

Si un alchimiste voulait recréer cette série dans son alambic, quelles choses pourrait-il utiliser comme ingrédients ?

– Les contes et légendes russes

– L’histoire de la Russie du XIVe siècle

– Une héroïne au courage indomptable

 

A quoi s’attendre

L’ours et le rossignol

Lorsque l’hiver enferme tous les habitants de la Rus’ chez eux, la petite Vassilissa, tous comme ses frères et sœurs, aime s’asseoir pour écouter les contes de leur vieille servante Dounia. Mais, si pour ses aînés le roi de l’hiver, Morozko, et toues les créatures qui peuplent les histoires ne sont que des inventions, ils sont bien réels pour Vassia : elle seule peut voir les esprits protecteurs de la maison, comme par exemple, le domovoï à qui elle laisse du pain. Et tandis que la petite fille grandit en parcourant les terres alentours et, surtout, la forêt proche, préférant de loin discuter avec les esprits que d’accomplir les tâches d’une fille modèle, elle se met également à entendre un appel qui se fait de plus en plus insistant, et qui semble venir du plus profond des bois.

Mais si les frasques de cette petite sauvageonne sont supportées avec bienveillance par son père et ses frères et sœurs aînés, il n’en est pas de même pour sa belle-mère nouvellement arrivée. En effet, cette dernière est très pieuse et est bien décidée à éliminer de son nouveau foyer toute trace des vieilles superstitions. Ce qui pourrait bien, à l’insu de tous, laisser la maison sans protection…

 

La fille dans la tour

A la cour du grand-prince de Moscou, tout n’est qu’intrigues et luttes de pouvoir. Dimitri Ivanovitch peut heureusement se reposer sur les conseils de son cousin, le frère Aleksandr. Moine depuis huit ans, ce dernier, guère porté sur la contemplation malgré sa foi, arpente à cheval les routes de la Rus’ pour venir en aide à ceux qui en ont besoin – et les défendre de son épée le cas échéant. Alors, lorsque le frère rapporte au grand-prince que les villages alentours sont pillés et incendiés par une troupe de bandits insaisissables, Dimitri, qui n’a pas envie de voir son peuple se rebeller, monte une expédition pour châtier les coupables comme il se doit et libérer les fillettes qu’ils ont enlevées. Accompagné de ses hommes et du frère Aleksandr, il se lance sur les traces des malfaiteurs, qui vont s’avérer extraordinairement doués à couvrir leurs traces.

C’est lors de cette expédition que l’expédition rencontrera un jeune homme monté sur un cheval magnifique, qui a réussi l’exploit de découvrir le camp des brigands. Si le grand-prince trouve cette rencontre fortunée, il n’en est pas de même pour Aleksandr : lui a reconnu sous les atours de garçon sa jeune sœur, Vassilissa, et il va devoir choisir entre dire la vérité à son seigneur, ou sauvegarder la réputation de Vassia et donc entrer dans son jeu en la faisant passer pour son frère.

 

L’hiver de la sorcière

Un terrible incendie a manqué ravager tout Moscou, et la ville doit panser ses blessures. Le grand-prince Dimitri est fou de rage, et ce d’autant plus que le conseiller en qui il avait le plus confiance lui a menti et qu’il ne peut donc plus compter sur lui. Face aux morts et à la destruction de leurs foyers les habitants veulent des explications et cherchent un coupable. Vassia, avec ses étranges pouvoirs, devient le bouc émissaire idéal. Sentant la possibilité de se venger enfin d’elle, le père Konstantin attise la colère de la foule et la dirige contre la sorcière. La jeune femme devra triompher de cette menace, ainsi que de beaucoup d’autres, avant de pouvoir comme elle le souhaite réconcilier le monde des humains et celui des créatures magiques. En espérant que cela soit effectivement possible…

 

Avis de la rédac’

Mikaua : Quand on y réfléchit bien, la Trilogie d’une nuit d’hiver a un petit quelque chose qui rappelle les mythes arthuriens : on retrouve dans les deux œuvres une opposition entre la chrétienté et les anciennes traditions, et des deux côtés on trouve des protagonistes à cheval entre les deux camps. Pour Vassilissa, capable de voir les tchiorti – les créatures magiques de la Rus’ – il n’y a aucune raison que les hommes ne puissent pas à la fois garder leur nouvelle religion, la religion chrétienne, et continuer à respecter les anciennes traditions ; faire cohabiter ces deux camps que tout oppose sera donc sa motivation tout au long de la trilogie. Vassia est d’ailleurs une héroïne plutôt sympathique, quoique tête brûlée quand elle s’y met, qui n’a absolument rien d’une damoiselle en détresse ou d’une princesse en son palais : loin de se laisser enfermer dans un rôle par les autres, elle préfère suivre sa propre voie et trouver elle-même la place qui lui convient en ce monde, malgré des épreuves parfois douloureuses. Pour ce qui est de l’univers, on est loin de nos paysages habituels : le titre de la trilogie donne le ton, le froid et la neige seront les principaux décors des trois récits. On sent l’affinité de l’auteur pour la littérature russe à travers son univers qui fourmille de détails propres à le rendre plus concret au lecteur ; le mélange contexte historique et folklore fonctionne extrêmement bien, et au niveau de la forme du récit, même si je n’ai pas une grande expérience des contes russes, j’ai pu reconnaître certaines tournures typiques des contes en général. Au final, il se dégage de la lecture de la Trilogie d’une nuit d’hiver une sorte d’ambiance de contes au coin du feu en plein hiver, avec cependant un récit qu’on pourrait presque croire véridique pour son respect quasi irréprochable du contexte historique. Pour ma part, un sans-faute qui fait de cette Trilogie d’une nuit d’hiver un bel incontournable de la fantasy contemporaine.

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