Arnaques, Crimes et Botanique

Premier long métrage du réalisateur Guy Rithchie, « Arnaques, Crimes et Botanique » est une comédie d’action centrée sur les déboires de quatre jeunes apprentis truands londoniens.

Grace au succès de ce film, autant en salle que par la suite en VHS puis DVD, Ritchie a pu imposer son style et ses acteurs fétiches pour construire une filmographie éclectique et délirante : de l’incroyable Sntach (2000) à l’échec cinglant qu’est Le roi Arthur : La légende d’Excalibur (2017), en passant par le clivant Sherlock Holmes (2009).

Fiche technique

Le visuel du DVD

  • Titre : Arnaques, crimes et botanique
  • Titre original : Lock, Stock and Two Smoking Barrels
  • Réalisation : Guy Ritchie
  • Scénario : Guy Ritchie
  • Musique : David A. Hughes et John Murphy
  • Production : Matthew Vaughn; Georgia Masters (coproduction) ; Sebastian Pearson et Jan Roldanus (associés) ; Stephen Marks, Peter Morton, Angad Paul, Trudie Styler, Steve Tisch (délégués)
  • Sociétés de production : Summit Entertainment, Steve Tisch Company, SKA Films, HandMade Films, Polygram Filmed Entertainment
  • Budget : 1 350 000 $
  • Pays d’origine : Royaume-Uni
  • Langue originale : anglais
  • Genres : comédie, gangsters
  • Durée : 107 minutes (director’s cut: 120 minutes)
  • Dates de sortie
    • Royaume-Uni: 28 août 1998
    • France, Suisse romande : 28 octobre 1998
    • Belgique: 2 décembre 1998

Synopsis

Eddie, Bacon, Tom et Soap sont des amis d’enfance. Ils ont grandi dans les quartiers ouvriers de Londres, et ont chacun leurs petites combines pour se remplir les poches.

Eddie est, pour sa part, un joueur de poker très talentueux. Il convainc ses amis de lui donner toutes leurs économies pour participer à un tournoi illégal, décrocher le gros lot, et enfin devenir riches.

Eddie, Bacon, Tom et Soap

Malheureusement, Eddie se fait gruger par le truand Harry ‘’La Hache’’ Lonsdale, qui menace de saisir le bar du père d’Eddie si ce dernier ne le rembourse pas dans la semaine.

Les quatre amis vont devoir faire preuve de sang-froid et de créativité pour échapper à l’homme de main Barry le Baptiste, au braqueur Dog et sa bande, au dealer Rory le casseur et au recouvreur de fond Big Chris.

De malentendus en quiproquos, la situation va dégénérer jusqu’au dénouement sanglant.

Distribution

  • Nick Moran : Eddie
  • Jason Statham : Bacon
  • Jason Flemyng : Tom
  • Dexter Fletcher : Soap
  • H. Moriarty : Harry Lonsdale, la Hache
  • Lenny McLean  : Barry le Baptiste
  • Vinnie Jones : Big Chris
  • Frank Harper  : Dog
  • Vas Blackwood : Rory le Casseur
  • Sting : JD, le père d’Eddie
  • Alan Ford : Alan / le narrateur

Rôles principaux

Bacon

Bacon

Si ACB n’a pas véritablement de héros, si ce n’est le quatuor de jeunes crapules, le seul qui se soit véritablement démarqué est Jason Statham dans le rôle de la force tranquille de la bande.

Le rôle du charismatique Bacon sera pour Statham le catalyseur de sa carrière. Il enchaînera les collaborations avec Guy Ritchie et les superproductions hollywoodiennes, pour devenir un des acteurs les plus reconnaissables du cinéma d’action.

Harry ‘’La Hache’’ Lonsdale

Harry ‘’La Hache’’ Lonsdale

Harry est un producteur de films pour adultes, qui baigne volontiers dans toutes les combines lui permettant d’augmenter sa fortune et sa collection d’armes à feu. Il ne recule devant rien pour arriver à ses fins et fait même preuve de sadisme envers ses victimes. Cruel, vénal et sans remords, son nom fait trembler même les porte-flingues les plus endurcis.

Si la filmographie de Patrick Moriarty n’est pas des plus extensives, c’est qu’il n’est devenu acteur que tardivement, après une carrière anonyme entre les rings de boxe et les docks britanniques. Rugueux et émacié, Moriarty a donné vie à une des pires ordures du cinéma, et ce pour notre plus grand plaisir.

Big Chris

Big Chris

Big Chris est un professionnel, il ne mélange jamais sentiment et business. Il reste toujours poli et courtois, et déteste que l’on utilise un langage grossier, en particulier devant son fils, little Chris, à qui il enseigne les ficelles du métier, pour qu’il puisse un jour reprendre l’entreprise familiale de recouvrement de dette.

Avant de lancer sa carrière au cinéma avec ACB, Vinne Jones était un jouer de football professionnel, connu plus pour la rudesse de son jeu que pour son touché de balle. Il fait ici ses débuts sur le grand écran et impose immédiatement le respect. Grand, menaçant et avec un faciès d’ex-taulard, Jones reprendra le rôle de l’homme de main froid et méthodique dans Snatch et 60 seconde chrono.

Analyse

Si le scénario d’Arnaques, Crimes et Botanique n’est pas des plus original, l’exécution est selon moi magistrale.

La beauté du film réside dans un style de réalisation dynamique et frais, qui à l’époque se démarque des standards en place. L’utilisation de ralenti et d’angle de caméra parfois étonnant donne une impression d’immersion décalée au spectateur.

J’apprécie particulièrement la claustrophobie qui se dégage des images. Le film se déroule souvent en intérieur, dans des locaux exigus. Cela est dû au budget limité, le tournage en extérieur étant souvent plus coûteux. De ce fait, les rares plans en plein air sont utilisés parcimonieusement, mais restent très focalisés, il n’y a quasi aucun plan large.

L’image en elle-même ajoute encore à l’inconfort du spectateur, par son grain jaunâtre. Il en dégage un sentiment graisseux et poisseux, on a l’impression de sentir la fumée de cigarette froide à travers l’écran. On vit aux côté des petites frappes du Londres ouvrier, on est loin du glamour, on est dans la crasse.

Avis perso

J’aime « Arnaques, Crimes et Botanique ». C’est l’un de mes préférés. Je le regarde au minimum une fois par an, juste pour le plaisir de retrouver les personnages, les dialogues et la musique.

Je trouve d’ailleurs la bande-son particulièrement réussie, ce qui est devenu une des marques de fabrique de Guy Ritchie.

On pourrait presque dire que le film est écrit autour de la bande-son, par exemple la scène lorsque Eddie se lève de la table de poker, la caméra suit son visage et le reste de la salle est floue, la chanson I wanna be your dog des Stooges retentit et souligne toute la gravité de la scène, les slides de guitares soulignant la pente vers l’abîme qui s’ouvre devant Eddie.

Il y a aussi la confrontation entre les gangs de Rory et de Dog, accompagné par le sirtaki, dont le crescendo souligne l’emballement des évènements et menant à l’apothéose sanglante du film.

En somme, c’est selon moi un film que l’on se doit d’avoir vu, ne serait-ce que pour voir d’où Guy Ritchie est parti pour construire son univers cinématographique.

Je vous conseille, évidemment la V.O., mais seulement si votre anglais est suffisamment aiguisé pour percer l’accent londoniens à couper au couteau et le jargon de truand britannique.

Par ailleurs, dégustez donc une bonne pinte de bière pendant le visionnage, cela se marie à la perfection.

Bande annonce

Sources

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