Inspiré des contes des Mille et une nuits, le Château des nuages nous fait suivre Abdallah, jeune marchand qui, après avoir acheté un authentique tapis volant, va se retrouvé embarqué dans des aventures hautes en couleur, et se frotter aussi bien à des Djinn qu’à des voleurs.

Couverture du Chateau des nuages

Fiche technique

  • Autrice : Diana Wynne Jones
  • Titre : Le château des nuages
  • Titre original : Castle in the Air
  • Fait partie de la série : Trilogie de Hurle
  • Titre précédent : Le château de Hurle
  • Titre suivant : La maison aux mille détours
  • Genre : Fantasy
  • Éditeurs francophones :
    • Ynnis (édition actuelle)
    • Le pré aux clercs (première édition francophone, 2003)
  • Nombre de tomes dans la série : 3 (en même temps pour une trilogie…)
  • Années de parution : 2020 chez Ynnis, 1990 pour la version originale
  • Niveau : Lecteur moyen

Bibliochimie

Si un alchimiste voulait recréer ce roman dans son alambic, quelles choses pourrait-il utiliser comme ingrédient ?

– Les contes d’Asie de l’Ouest tels que vus par l’Europe des années ’90

– Un protagoniste qui manie la flatterie comme personne

– Des transformations en veux-tu en voilà, dans la veine du Château de Hurle

A quoi s'attendre ?

Abdallah est le fils d’un marchand de tapis et vit dans le sultanat du Rajpout. Loin des aspirations de sa belle famille, qui voudrait le voir faire fortune, le jeune homme est très content de faire juste assez de profits pour vivre tranquillement, et pouvoir ainsi rêvasser à son aise. C’est qu’Abdallah s’est inventé toute une vie dans ses rêveries, où il est le fils perdu d’un prince, promis depuis sa naissance à une magnifique princesse.

Un jour, un étrange marchand vient dans boutique du jeune homme et, ô merveille, offre de lui vendre un authentique tapis volant ! Cette bonne affaire sera pour Abdallah le tournant à partir duquel sa vie va se retrouvée chamboulée. Trouvant soudain son destin lié à celui d’une véritable princesse, le jeune marchand va vivre des aventures aussi folles que celles dont il rêvait, et réaliser que c’est beaucoup moins reposant quand on les vit !

Une certaine vision des contes d'Asie de l'Ouest

Après un premier tome qui s’inspirait fortement des contes d’Europe de l’Ouest et de leurs différentes figures récurrentes (comme par exemple le fait que, dans les fratries, les aînés sont voués à échouer), le Château des nuages vient cette fois s’inspirer des contes d’Asie de l’Ouest, et plus précisément des contes des Mille et une nuits. Ou plutôt, le livre datant du début des années ’90, il s’inspire surtout de la vision qu’on en avait en Europe : Abdallah, le protagoniste, en est l’exemple flagrant, avec son langage riche en flatteries aussi fleuries que beaucoup trop exagérées. Au début, on s’en amuse, puis on finit par se lasser de ce traitement très cliché – d’autant plus que ce n’est pas le seul cliché qui apparaîtra dans ce récit.

Les Djinn toutefois sont relativement bien respectés, représentés tels des êtres proches du divin – en tout cas pour l’un d’entre eux – et pouvant aussi bien être bons que mauvais.

Attention Spoilers

A noter que le seul génie de cette histoire tel qu’on se le représente en Europe, donc la créature magique faite de fumée enfermée dans une bouteille, est en fait un magicien occidental transformé par un Djinn. Difficile de dire si c’était délibéré à l’écriture, mais en tout cas l’ironie est savoureuse.

Fin de l'alerte au Spoil

Avis de la Rédac'

Mikaua : Difficile pour le Château des nuages de venir après le Château de Hurle. L’idée de changer de terreau de base était une bonne idée pour éviter une impression de redite, l’ambiance Mille et une nuits changeant en effet drastiquement avec ce qu’on avait pu découvrir dans le premier tome. Par contre, on sent assez vite que l’autrice connaît moins les contes d’Asie de l’Ouest. Si de nombreux points qui se retrouvent dans les contes d’Europe de l’Ouest étaient traités avec finesse dans le tome précédent, ici on a malheureusement droit à davantage de clichés, qui en soit ne sont pas un mal mais qui du coup donnent une impression d’intrigue moins travaillée. Au passage, ce roman fait bien son âge : j’ai grimacé au coup des deux pauvres demoiselles proposées en mariage à Abdallah, dont les descriptions sont tournées de telle manière que leur principal défaut semble d’être corpulentes. Merci, ça fait toujours plaisir ce cliché-là… Enfin, au moins Abdallah a le bon goût de préciser deux paragraphes plus loin qu’il a conscience de se conduire en goujat, mais reste que… On sent bien que trente ans ont passé entre l’écriture de ce roman et nos jours. Outre cela, l’intrigue est surtout une longue fuite, avec une fin extrêmement dense en révélations et retournements de situation. Une fin qui m’a beaucoup rappelé celle du tome précédent, et qui use tout autant de l’astuce des métamorphoses pour multiplier les surprises – et en donnant beaucoup moins d’indices aux lecteurs permettant de deviner l’astuce, selon moi, sachant qu’il n’y en avait déjà pas des masses dans le premier tome. Pour résumer, le Château des Nuages, s’il est un peu moins bon que le Château de Hurle, offre un bon moment de lecture pour qui aime l’ambiance des Mille et une nuits et qui garde bien en tête au cours de la lecture que ç’a a été écrit il y a plus de trente ans.

Sources

– Le livre

– Les deux autres livres de la trilogie


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