Stargate SG-1 Roleplaying game

Si l’expression « Chevron sept enclenché » résonne à vos oreilles avec des accents de nostalgie, vous avez forcément dû rêver de traverser vous aussi le fameux chaapa’ai, pour explorer l’univers sur les traces du colonel O’Neill (avec deux l !), de Samantha Carter, de Daniel Jackson et de Teal’c ; et pourquoi pas vous frotter à un Grand Maître ou deux. L’adaptation en jeu de rôle de la série Stargate SG-1 n’a malheureusement bénéficié que d’une seule édition, aujourd’hui épuisée, et uniquement en anglais, mais elle existe bel et bien et Geek-It se fait une joie de vous en dire plus à son sujet.

L'équipe SG1 de dos

Comme une envie de les suivre

Informations techniques

  • Titre : Stargate SG-1 – Roleplaying game
  • Type : Science-fiction
  • Édition : Alderac Entertainment Group
  • Auteurs : Robert Defendi, Scott Gearin, Patrick Kapera, Don Mappin, Christina Kamnikar, Rodney Thompson, Kevin Wilson
  • Année : 2003
  • Système de jeu : Spycraft (d20 system)
  • Langue : Anglais (Etats-Unis)
  • État actuel : Indisponible depuis 2005

« Activation extérieure non-programmée » – Un mot sur l’univers

Tout a commencé avec le film Stargate, de 1994, qui nous faisait découvrir la Porte des Etoiles. Cet énorme artefact circulaire retrouvé dans les sables d’Egypte permet alors d’établir un vortex, un passage reliant deux planètes pourtant situées à des années-lumières l’une de l’autre. Une équipe d’exploration, sous le commandement du colonel O’Neill et comprenant le docteur Jackson, est envoyée en éclaireur sur la planète Abydos et découvre un peuple proche des Egyptiens de l’Antiquité, asservis à un extra-terrestre de la race des Goa’ulds ayant endossé l’identité de Râ, le dieu soleil. Suite au soulèvement des Abydosiens et à la défaite de Râ, les Terriens, à l’exception de Daniel Jackson, qui décide de s’installer sur place, rentrent chez eux en prétendant que la seconde Porte des Etoiles a été détruite.

Plusieurs années plus tard, alors que la Porte des Etoiles jugée inutilisable a été reléguées au rang de pièce de musée et prend la poussière sous la garde relâchée de quelques sentinelles peu vigilantes, un petit groupe de soldats visiblement d’origine extra-terrestre essaie de s’emparer de la base terrienne via la Porte avant de repartir. Rappelés par leur hiérarchie pour tirer les choses au clair, le colonel O’Neill et ses hommes doivent avouer qu’ils ont menti à propos de la Porte des Etoiles d’Abydos, mais ils obtiennent de pouvoir aller vérifier sur place ce qui se passe.

Le message reçu par Jack

Ou comment contacter un vieil ami, par Jack O’Neill

Le docteur Jackson, parfaitement intégré aux indigènes, leur annonce alors ce qu’il a découvert : la Porte des Etoiles ne relie pas uniquement deux planètes, mais des centaines, en un vaste réseau de Portes disséminées dans toute la galaxie. Après une nouvelle incursion des soldats extra-terrestres sur Abydos, de retour sur Terre, on décide de créer un programme d’exploration du système de Portes des Etoiles, afin non seulement de repérer les possibles menaces, mais surtout de pouvoir découvrir de nouvelles technologies et trouver des alliés contre ce nouvel ennemi. Une vingtaine d’équipes sont alors crées, dont la première, SG-1, est commandée par le colonel O’Neill, avec sous ses ordres le major Carter, Daniel Jackson, et Teal’c, un extra-terrestre qui viendra par la suite se joindre au groupe. Voilà pour le scénario de base de la série-tv Stargate SG-1, qui suivra les aventures de cette équipe d’exploration.

« Thanks send more » – Passer la Porte des Etoiles

Une fois l’univers planté, la base scénaristique du jeu de rôle Stargate SG-1 est très simple à saisir : vous êtes membre d’une des équipes d’exploration SG, et vous parcourez la galaxie en utilisant les Portes des Etoiles afin de découvrir de nouveaux mondes, de prendre contact avec des peuples extra-terrestres, et faire votre part dans la grande lutte opposant les Goa’ulds aux Terriens et aux autres races.

Stargate SG-1 est une série qui ramène la science-fiction à une dimension humaine : bien sûr, il y a des vaisseaux spatiaux, des technologies extraordinaires et des créatures étranges ; mais ce sont le courage, l’entraide, ainsi que l’inventivité et la compassion humaines qui sont au centre de tout et permettent de résoudre les problèmes. Et cette dimension humaine a été parfaitement respectée dans le jeu de rôle. Les scénarios et l’attribution de l’expérience sont faits pour laisser la part du lion à la liberté d’action : qu’on veuille atteindre son but par la voie diplomatique ou en fonçant dans le tas, pas de problème d’expérience qui vous échappe. Vous êtes récompensés en fonction des buts atteints, pas au nombre d’ennemis que vous mettez hors d’état de nuire. Et tout comme dans la série, vous n’aurez que très peu d’objets technologiques aliens à manier, tout simplement parce que les humains ne sont pas encore assez avancés pour qu’on leur mette ce genre d’objets dangereux entre les mains. Donc, les joueurs ont tout intérêt à faire fonctionner leurs méninges et à se débrouiller avec les moyens du bord – ce qui colle d’autant plus à la série quand on sait que Richard Dean Anderson, qui joue le colonel O’Neill, a également incarné le maître de la débrouille, MacGyver !

« Carter, ma tête ! » – Système de jeu

Stargate SG-1 utilise le système de jeu Spycraft. Dans les grandes lignes, Spycraft est une version modifiée des règles de base du d20 system, (pour connaître le d20 system, utilisé entre autres pour Donjons&Dragons, lisez l’excellent article de Keul à ce sujet) ; modification faite afin de permettre d’adapter en jeu de rôle des séries TV et des films d’action et d’espionnage, et ainsi transcrire une atmosphère plus contemporaine. En plus du manuel de base, vous aurez besoin du manuel des joueurs pour Donjons&Dragons 3.0 (ou 3.5) pour avoir les règles complètes sur la création de personnage.

Couverture du manuel de base

Dans l’essentiel, Spycraft pour Stargate SG-1 diffère du d20 system classique sur les points suivants (rappel : toutes les bases sont en anglais, je traduis donc au plus proche)  :

– Les Points de vie sont séparés en deux : d’un côté les Points de Vitalité, qui représentent l’endurance et l’énergie du personnage, et de l’autre les Points de Blessure, qui eux représentent véritablement son intégrité physique. Une perte de Vitalité se traduit par une fatigue grandissante, une perte de Blessure porte bien son nom, à savoir que en perdre signifie qu’on est bel et bien blessé.

– La race humaine étant largement représentée, des « macro spécialités » ont été crées, afin de permettre tout de même une certaine variété parmi les personnages, même s’ils ont la même race. Les races aliens sont, elles, nommées « macro espèces ». On trouve parmi les macro-spécialités l’Air Force, les Marines, les Spécialistes civils, etc. Certaines macro spécialités très larges ont également des « sous-spécialités » qui permettent d’orienter le personnage autrement que par sa classe. Dans l’Air Force, par exemple, on trouve les sous-spécialités suivantes : Officier, Technicien, Paramédic, Simple recrue.

– Les personnages gagnent un bonus à la défense et à l’initiative en fonction de leurs niveaux de classe. En revanche, les armures n’offrent plus que de faibles bonus à la défense, voire pas du tout, mais tablent sur des réductions de dégâts.

– Les jets de compétences sont également sujets aux réussites et aux échecs critiques, comme l’étaient déjà les jets d’attaque. De plus des compétences modernes ont été ajoutées à la liste classique du d20 system, comme électronique, ou informatique.

– Des règles spécifiques ont été crées pour gérer les poursuites menées à grande vitesse avec des véhicules.

– L’équipement d’un personnage ne lui appartient plus qu’en partie. Le matériel de base du personnage est fourni par son organisation – en l’occurrence le SGC (Stargate Command) – et remplacé sans frais au début de chaque nouvelle mission en cas de perte ou de déprédation. Suivant la mission, du matériel supplémentaire peut être fourni aux personnages, à discrétion du MJ. Enfin, selon son niveau de classe et son grade, un personnage a un certain nombre de Points de Choix d’Equipement (Gear Pick, GP) et de Points de Ressources (Ressource Points, RP) qu’il peut utiliser en début ou en cours de mission pour réquisitionner du matériel supplémentaire ou appeler des renforts.

– Les personnages reçoivent un certain nombre de dés d’action pour chaque session de jeu, déterminés par leur niveau et certains dons. Ces dés servent à la fois de « monnaie » pour acheter l’activation de certaines compétences de classe et de « bonus d’héroïsme » permettant sous certaines conditions d’augmenter les jets ou d’activer des réussites ou échecs critiques.

Avis de la rédac’

Mikaua (MJ) – Double défi que de se frotter à un nouveau système de jeu rédigé dans une langue étrangère – parce qu’évidemment, les termes de jdr, ça ne figure pas dans les dictionnaires, ça doit se déduire de la traduction « générique ». Au niveau système en particulier, comme je suis attachée à la liberté de jeu, et bien que je sois une fan inconditionnelle de la série, je craignais que le respect de la hiérarchie militaire ne bride mes joueurs – ou pire, ne les mette à la merci d’un gradé obtus qui gâche le plaisir de jouer des autres en jouant au despote. Heureusement, j’ai découvert que les créateurs avaient glissé quantité de manières de contourner la hiérarchie sans pour autant que les personnages aient à subir de malus ou à passer devant la cour martiale pour coller au rôle play. J’ai malheureusement dû mettre ces moyens à l’épreuve, et je peux donc dire en connaissance de cause qu’ils fonctionnent très bien ! Autrement, le système d’attribution de l’expérience en fonction des buts atteints – donc via le role play et le scénario – surprend au début mais du coup laisse une liberté au niveau de la création et de la réalisation des missions qui est des plus agréables. Les règles fournissent tout ce qu’il faut pour retrouver l’ambiance de la série et pour créer ses propres planètes ; autant dire qu’en tant que MJ, on se régale !

Keul (Joueur) – Grand fan de la série, j’ai eu la chance d’incarner un scientifique (enfin une scientifique pour être exact). Pas de grosses armes pour moi mais de l’intelligence à revendre et des compétences bien sympathiques qui tournaient autour des connaissances linguistiques, ce qui s’avère d’un grand secours dans cet univers. Premier constat, évitez à tout prix les confrontations directes avec les patrouilles croisées. Les créateurs du JDR Stargate ont respecté la série pour les armes. Un coup de lance Goa’uld et c’en est fini du personnage. Un coup de Zat et votre personnage est inconscient. Mieux vaut éviter le chemin direct le plus souvent, même si une bonne embuscade pourrait être un moyen d’équilibrer les forces si celle-ci s’avère nécessaire et si vous possédez un camarade spécialisé dans les explosifs par exemple. Comme l’a déjà dit Mikaua, le risque avec un jeu basé sur la hiérarchie militaire est que ce qui fait la structure même du jeu bloque complètement les joueurs. Les petits dons et certaines classes (comme le scientifique d’ailleurs) permettent d’être plus laxiste sur le règlement militaire et sur le respect des ordres du supérieur. Je pense toutefois qu’avec un bon groupe de joueurs, la hiérarchie ne poserait pas de problème. Mais comme toujours, une bonne part du plaisir viendra de la manière de jouer de vos camarades. Mention spéciale aux créateurs qui ont su adapter cet univers incroyablement complexe en jeu de rôle viable et proche, très proche même, de la série.

Xefed (Joueuse) – Je ne suis pas une experte de l’univers de Stargate, même si j’adore l’idée de base d’avoir repris différentes divinités terrestres pour en faire des extra-terrestres mégalomanes ou roswelliens. Dans notre partie, j’ai joué un militaire ; oui, moi la roublarde, j’ai fait un militaire ! Mais pas n’importe quel militaire : un soldat scout (éclaireur) avec le don « unconventionnal » (non-conventionnel) qui me permet d’envoyer balader la hiérarchie quand ce qu’ils me disent ne me plaît pas. Autant dire que c’était fun, particulièrement quand les autres vous suivent, vous, le pisteur du groupe, et que vous décidez d’aller voir complètement à l’opposé d’où vous devriez aller. Ben quoi, ce n’est pas parce que je joue un militaire que mes vieux réflexes de roublarde doivent être oubliés. De ce que j’ai vu, l’univers est bien respecté et pas mal d’éléments difficiles à traiter (technologies aliens, créations de mondes aléatoires, autres races et caractéristiques par rapport aux terriens) ont été mis en place de manière simples et faciles à comprendre. Que du bonheur au final.

Sources

– Série Stargate SG-1

– Guide du rôliste galactique

– Manuels de Stargate SG-1 roleplaying game 1, 3, 4 et 5

– Wikipédia

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1 Réponse

  1. 14 juillet 2016

    […] Seven Avengers ; D20 – Sidewinder ; D20 – Silver Age Sentinels ; D20 – Sláine ; D20 – Stargate SG-1 ; D20 – Swashbuckling Adventures ; D20 – Thieves’ World ; D20 – […]

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