Bergères guerrières vous fera suivre Molly et son ami Liam dans leurs efforts pour devenir de dignes apprenties de l’ordre des Bergères guerrières. Ce groupe de fières combattantes fut constitué pour protéger leur village suite à la conscription forcées de tous ses hommes dix ans auparavant, pour une guerre dont ils n’ont reçu aucune nouvelle, et dont personne n’est jamais revenu…
Fiche technique
- Titre de la série : Bergères guerrières
- Titres des tomes :
- La relève
- La menace
- Le périple
- L’abîme
- Auteurs : Jonathan Garnier (scénario), Amélie Fléchais (dessin)
- Type : Franco-belge
- Origine : France
- Genre : Fantasy, Fantastique, Contes et légendes, Aventure, Jeunesse
- Éditeur : Glénat
- Sens de lecture : Européen
- Année : 2017-2021
- Nombre de tomes : 4
- Statut : Terminée
- Niveau : Lecteur moyen
- Âge cible : 8-12 ans (mais convient aussi aux grands!)
A quoi s'attendre ?
Il y a dix ans, tous les hommes du village sont partis, mobilisés de force pour une guerre qui se déroule aux confins du territoire connu, une contrée qu’on appelle « terres mortes ». Dix ans que le village est sans nouvelles, et qu’aucun homme n’est revenu. Restées au village, les femmes se sont serré les coudes pour protéger le village, autant pour ceux qui restaient que pour ceux qui étaient partis. Elles ont ainsi créé l’ordre des Bergères guerrières, de redoutables guerrières montées sur des boucs de combat.
Molly a dix ans, elle fait partie des derniers enfants nés avant le départ des hommes, et a enfin l’âge d’intégrer l’ordre ! Devenue apprentie, elle compte bien faire ses preuves pour porter un jour la cape rouge des guerrières d’élite ! Et au passage, elle apportera tout son soutien à son ami Liam, qui rêve lui aussi d’intégrer l’ordre pour pouvoir lui-aussi protéger son village. Il va devoir faire doublement ses preuves, car l’ordre est par tradition réservé aux filles…
Mais si la guerre elle-même est loin, ses effets vont bientôt se faire ressentir de manière encore plus tangible pour les deux enfants, qui vont devoir s’aventurer de plus en plus loin de leur village pour essayer de trouver une solution.
La guerre et celleux qu'elles laisse derrière
Bergères guerrières donne le ton dès son titre. A l’image traditionnelle de la douce bergère qui s’occupe de ses blancs moutons et fuit aux premières gouttes d’eau, la série oppose tout un village de femmes qui ont pris leur destin en main et ont su se réinventer pour défendre leurs terres et leurs familles. Des guerrières chargées de combattre les bêtes et les brigands, aux femmes qui élèvent les moutons, les tondent et s’occupent des foyers, en passant par les couturières qui confectionnent les capes emblématiques de l’ordre, elles se sont réparti les tâches selon les dispositions de chacune, permettant ainsi de faire tourner le village année après année malgré l’absence d’une bonne moitié de ses habitants.
Mais malgré leur réussite, la guerre, même lointaine et floue, laisse transparaître ses marques : l’absence des pères, frères, fils et amis pèse sur l’esprit de chacune, d’autant plus qu’il n’y a pas eu la moindre nouvelle en dix ans. Les jeunes hommes, qui avaient une dizaine d’années lors de la mobilisation et arrivent en âge d’être pères, peinent à trouver leur place. Ceux parmi les anciens qui ont été refusés lors de la conscription remâchent leur amertume d’avoir dû laisser un autre prendre leur place. Quant aux enfants de la génération des protagonistes, ils n’ont connu que cette réalité, qui du coup leur paraît normale, mais ils atteignent l’âge des questionnements, et l’on se rend compte avec eux que, même s’ils ne vivent pas ce manque de la même manière que les villageoises qui ont connu ceux qui sont partis, il fait également partie de leurs vies.
Au fur et à mesure que leur quête emmènera Molly et ses compagnons loin de leur village, ils découvriront que leur village n’est pas le seul à avoir souffert de la Guerre et des conscriptions, et se confronteront à d’autres stratégies de survie, et d’autres manières de vivre. Ils découvriront également, à mesure qu’ils se rapprocheront des fameuses Terres mortes, lieu des combats, que la guerre a des ramifications bien plus étendues qu’ils ne le pensaient, et finiront par apprendre, enfin, la raison exacte de cette guerre.
Avis de la rédac'
Mikaua : Bergères guerrières est une série jeunesse qui m’a vraiment prise par surprise, et en bien. Je m’attendais à une histoire assez classique, avec Molly, sa protagoniste, entrant dans l’ordre de ses rêves et allant affronter des dangers jusqu’à devenir une guerrière d’élite. Si le début de l’histoire suit assez ce déroulement classique, le récit va petit à petit infléchir sa course et va amener Molly, son ami Liam et leurs compagnons à élargir drastiquement leur vision du monde en s’éloignant de plus en plus des terres de leurs ancêtres. La série aborde de nombreux thèmes complexes, comme le féminisme ou la peur de l’autre, et parfois très durs comme la guerre et ses répercussions, mais elle le fait de manière très nuancée, montrant plusieurs points de vue sans poser une solution toute faite. Concept d’abord très flou, la fameuse guerre pour laquelle les hommes du village sont partis va se préciser de plus en plus au fil des tomes, et va avec elle amener une tout autre problématique qui viendra donner encore plus de corps au récit. Je ne m’attendais pas à autant de profondeur dans une série jeunesse et vraiment, chapeau aux auteurs pour avoir réussi une si belle alchimie de thèmes, avec juste ce qu’il faut d’humour pour alléger le propos quand il le faut.
Les personnages sont très attachants. Loin d’être des héros parfaits, ils ont leurs défauts, leurs angoisses – et leur saleté de caractère aussi, selon qui. Ils sont parfois terrifiés, perdus ou en colère, et ça les amène à faire de grosses bourdes. D’autres sont complètement loufoques. Bref, ils sont humains, tout simplement, et sont écrits de manière très agréablement crédible.
Côté dessin, on a quelque chose au premier abord un peu naïf, rappelant un dessin d’enfant, mais qui montre des inspirations multiples : à mi-chemin entre le celtique et le viking, avec quelques touches folklore japonais et d’autres parties d’Asie ici et là. Un sacré mélange, mais qui fonctionne très bien. Ca m’a un peu rappelé le style des Moumines – d’ailleurs également cité par la dessinatrice parmi ses inspirations. Mais loin d’être simpliste, le dessin de Bergères guerrières transmet aussi bien les émotions que les ambiances, et les expressions des personnages tombent toujours juste. C’est un vrai bonheur à lire et relire – pour découvrir les petits détails ratés lors de la première lecture. On pourra noter
Enfin, un détail que j’ai trouvé très bien vu, c’est la carte qui est présentée en pages de garde de chacun des albums. Au fur et à mesure que les protagonistes, et l’intrigue, va s’éloigner du village, la carte va les accompagner dans ce périple et s’étendre de plus en plus à chaque tome.
En un mot comme en cent, Bergères guerrières est vraiment une série coup de cœur pour moi, à lire a-bso-lu-ment !
Sources
Les 4 tomes de la série
Rendez-vous live avec les auteurs de la série pour BD Fugue
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