Li-Zhen va apprendre à ses dépends qu’on ne prend pas impunément des pièces dans un puits à souhaits. Elle va devoir rembourser ce qu’elle a pris, mais pas à sa valeur matérielle, ce serait trop simple. Elle va devoir rembourser les vœux qu’elle a pris : en d’autres termes, ce sera désormais à elle de les réaliser.
Fiche technique
- Titre : Le puits
- Titre original : The Well
- Auteur : Jake Wyatt (scénario), Choo (dessin et couleur)
- Type : Franco-belge
- Origine : USA
- Genre : Fantasy
- Éditeur version française : Combo – Dargaud
- Sens de lecture : Européen
- Année : 2024
- Statut : One shot
- Niveau : Lecteur moyen
A quoi s'attendre ?
Li-Zhen, que tout le monde surnomme Lizzy, vit une vie paisible en compagnie de son grand-père et de leurs chèvres. Enfin, aussi paisible que possible, car l’archipel où elle vit est depuis des années enveloppé d’un épais brouillard, qui a amené avec lui quantité de monstres et rendu tout voyage en mer hautement périlleux, même pour de courts trajets.
Alors qu’elle va vendre leur production au marché seule pour la première fois, Lizzie se laisse emporter par la joie de passer un moment en ville et dépense tout l’argent qu’elle avait mis de côté, y compris le prix de son voyage de retour. Afin de pouvoir payer le bac, elle va emprunter la somme nécessaire dans le puits à souhaits du village.
Malheureusement pour elle, le puits va exiger d’être remboursé, car en prenant les pièces, Lizzy a également pris les vœux qu’elles contenaient. À elle à présent de faire en sorte que ces vœux se réalisent, ou la malédiction du puits s’abattra sur elle.
Le puits à souhaits revisité
Le puits à souhaits est une figure assez connue du folklore européen – en tout cas côté occidental et central, je m’y connais moins en folklore d’Europe orientale. L’idée est que le puits en question – source d’eau, vitale pour la survie d’une population – est habité par des esprits, dieux, bref, des entités capables d’exaucer des vœux, moyennant un paiement adéquat. La tradition la plus répandue est de jeter une ou plusieurs pièces dans le puits après avoir formulé son vœu.
Les entités surnaturelles étant notoirement assez possessives concernant les offrandes qui leur sont faites, il n’est pas rare de trouver des exemples de personnages cupides qui se sont retrouvés affligés de divers maux suite à un vol de pièces.
Mais là où le Puits innove, c’est que ce n’est pas la valeur matérielle des offrandes qui est prise en compte, mais les souhaits, les intentions qui leur étaient rattachées par les personnes qui les ont offertes. En prenant les pièces, la protagoniste endosse la responsabilité d’exaucer ces souhaits, peu importe comment, mais aussi, peu importe les conséquences sur ceux qui ont émis ces souhaits.
Avis de la rédac'
Mikaua : Je serais certainement passée devant le Puits sans y prêter davantage d’attention que cela, si l’un des employés de mon magasin de bandes-dessinées préféré ne me l’avait pas chaudement recommandé – merci à lui, ainsi qu’à tous ses collègues, pour tout leur travail et leurs précieux conseils. Grande amatrice de folklore et de contes en tout genre, j’ai été intriguée par cette revisite du puits à souhaits, et je n’ai pas été déçue. On retrouve la structure traditionnelle des contes dans le Puits, ainsi que l’affection que porte ce genre au chiffre trois, si on fait attention aux détails, mais le récit est conté un peu plus en profondeur, et s’attarde davantage sur les conséquences réelles des actions de la protagoniste, sur elle-même comme sur les autres. On se retrouve donc avec une histoire à mi-chemin entre l’aventure et le conte, et c’est très intéressant. Côté dessin, le style est agréable, avec quelques détails ici et là lorsque cela peut apporter à l’ambiance, mais autrement sans fioritures. Les expressions des personnages sont bien lisibles mais peu accentuées, ce qui leur donne un aspect plus réaliste. Et côté couleurs, si la palette surprend d’abord par la dominance des teinte grises et ternes, elle donne un excellent rendu de l’ambiance de l’archipel, enterré sous son éternel brouillard. Une belle surprise que cette bande-dessinée, et je conseille le Puits à tous les amateurs de contes et d’aventure confondus.
Sources
– La bande-dessinée en elle-même
– La page que lui consacre la Bédéthèque
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