Dans un recoin de ce monde nous emmène suivre la vie de Suzu, une jeune fille dans un Japon en proie à la guerre.
Ce film est l’adaptation du manga éponyme de Fumiyo Kōno.
Informations techniques
- Titre original : この世界の片隅に – Kono sekai no katasumi ni
- Titre français : Dans un recoin de ce monde
- Date de sortie : 12 novembre 2016
- Producteur : Masao Maruyama, Taro Maki
- Réalisateur : Sunao Katabuchi
- Scénariste : Sunao Katabuchi, Fumiyo Kōno
- Musiques : Kotringo
- Studio d’animation : MAPPA
- Licence : Tokyo Theatres, Septième Factory, ESC Distribution, Netflix
- Genre : Animation, drame, historique, tranche de vie
- Thème : Guerre, histoire
- Origine : Japon
- Durée : 128 minutes
L’histoire en quelques mots
Suzu, une jeune japonaise originaire de la ville d’Hiroshima, vit de la pêche dans le quartier balnéaire d’Eba. Sa vie n’est alors qu’insouciance et rêverie, passée entre l’école, la maison et sa passion pour le dessin. Mais les années passant, Suzu comprend que son pays est sur le point de changer car ce dernier est en train de s’armer en vue de la guerre.
On lui propose alors un mariage arrangé avec Shūsaku, un officier dans la marine qui vit à Kure, le plus grand port militaire de la marine japonaise. Déménageant chez sa belle-famille pour se marier, Suzu débutera une nouvelle vie dans avec cette dernière, bien loin de l’insouciance de sa jeunesse où la guerre prendra de plus en plus le pas sur les joies de la vie.
De l’importance des dates
Si le début du film nous fait suivre l’enfance de Suzu, la découverte de l’école et sa vie de tous les jours dans sa famille, le spectateur comprendra rapidement où le film déviera par la suite grâce aux dates qui apparaissent entre deux scènes de vie de la jeune fille. En effet, le film débute dans les années 1930, dans les villes d’Hiroshima et de Kure au Japon. Un rapide calcul nous fera alors vite comprendre que la vie adulte de Suzu nous emmènera immanquablement à la fameuse date fatidique du 6 août 1945, où la bombe atomique a été larguée sur la ville d’Hiroshima.
L’atrocité de la guerre face à la banalité du quotidien
Ce que le film retrace avec succès, c’est bien l’opposition entre la guerre grandissante, dont l’ampleur semble croître en même temps que le personnage de Suzu, et la vie quotidienne de cette dernière, faite de petites joies et tristesses qui semblent sans importance face à l’immensité de la guerre. Le choix de suivre Suzu n’est d’ailleurs pas anodin car toute l’atrocité de la guerre nous apparaît en même temps que celle-ci prend de l’âge et commence à comprendre comment le monde fonctionne autour d’elle.
À mesure qu’elle perd de son innocence et des personnes qui lui sont chères, la guerre lui apparaît telle qu’elle est, brutale, sanguinaire et injuste. Cependant, Suzu garde toujours cette vision typiquement japonaise et patriotique de la guerre et de sa nécessité.
Vers la fin du film et alors que le Japon est en train de perdre celle-ci, Suzu garde toujours foi dans la victoire de son pays car rejeter celle-ci signifierait que tous les sacrifices et toutes les morts consentis auraient été vains, chose qu’il lui est simplement impossible d’accepter.
Avis de la Rédac'
Keul : Dans un recoin de ce monde est typiquement le genre de film qu’il vous faudra éviter si vous êtes déjà déprimés, car cela ne pourra que vous enfoncer un peu plus. Ce n’est pas que l’histoire est totalement déprimante, bien au contraire, mais elle montre ce qu’était le quotidien des habitants de la région d’Hiroshima durant la guerre ce qui, il faut bien l’avouer, n’est pas la période la plus réjouissante de l’histoire du Japon. L’histoire oscille entre le banal de la vie quotidienne et la guerre, inversant l’importance du premier au profit du second à mesure que le film avance.
Les graphismes sont beaux et font parfois penser à des toiles d’aquarelle magnifiquement réalisées. Les décors sont retranscrits avec un souci du détails qui est parfois même historiquement juste, comme les décors de l’Hiroshima d’après-guerre, alors qu’elle a été endommagée par le bombardement atomique, ce qui rend encore plus terrible l’exactitude de l’histoire qu’on est en train de regarder. Les musiques sont magnifiques et viennent appuyer avec efficacité les scènes tout au long du film.
Même si « dans un recoin de ce monde » n’est pas à visionner en tout temps, il représente un petit chef d’œuvre comme les japonais savent si bien les faire. Une sorte de croisement entre une reproduction historique relatant d’évènements terrible et un récit style tranche de vie qui associe mythes et légendes du folklore du Japon.
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