Le cycle de Syffe, saga francophone prévue en sept tomes, suit le parcours de Syffe, un orphelin des rues qui va se retrouver ballotté par des évènements bien plus grands que lui, qui le verront, entre autres, se faire voleur, espion malgré lui, et même soldat. Et comme si cela ne suffisait pas, les forces surnaturelles s’en mêlent…
Fiche technique
- Auteur : Patrick K. Dewdney
- Titre de la série : Cycle de Syffe
- Titres des tomes parus :
- L’enfant de poussière
- La peste et la vigne
- Les chiens et la charrue
- La maison des veilleurs
- Genre : Fantasy
- Éditeur francophone : Au diable vauvert, Folio
- Nombre de tomes : 4 (7 prévus)
- Années de parution : 2018-
- Niveau : Bon lecteur
Bibliochimie
Si un alchimiste voulait recréer ce livre dans son alambic, quelles choses pourrait-il utiliser comme ingrédient ?
– Un univers où les conflits entre régions sont nombreux
– Un protagoniste balloté par les évènements
– Un style qui a été influence entres autres par Robin Hobb
A quoi s'attendre ?
Syffe a grandi dans une ferme servant de d’orphelinat de fortune, sans rien connaître de ses origines. Même son prénom, il ne le doit qu’à son origine ethnique, celle des clans venant de la forêt qui viennent durant l’été planter leurs tentes près des villes pour faire du commerce. Laissé en grande partie à lui-même, comme tous les orphelins, Syffe se fait remarquer par le seigneur local, qui le prend à son service pour en faire son espion.
De là, les évènements vont s’emballer. Le chaos qui s’est propagé dans les contrées à la mort du roi finit par atteindre la région où grandit le jeune garçon, et il va malheureusement vite découvrir qu’il n’y a pas meilleure victime et bouc émissaire qu’un orphelin originaire des clans.
Va commencer pour Syffe un long périple qui le mènera à traverser plusieurs conflits, et l’amènera aussi à se frotter à diverses forces surnaturelles.
Le récit des "gens qui ne sont rien"
Cette expression, les « gens qui ne sont rien », est tirée d’une interview où Patrick K. Dewdney présente le cycle de Syffe en un peu plus de deux minutes, à l’occasion de la parution du tome 2 chez Folio. Cette tournure a titillé mon oreille d’historienne, car elle fait probablement référence à « gens de rien », une ancienne expression qui servait à désigner les gens sans pouvoir, et c’est bien ce dont il est question dans ce cycle.
L’auteur a donné volontairement une dimension politique à son œuvre. Mais là où il se démarque, c’est qu’il va emmener ses lecteurs non pas là où se prennent les décisions, dans l’entourage des puissants, mais plutôt du côté de ceux qui subissent lesdites décisions, à savoir le peuple. Un angle d’approche moins courant qui permet une expérience de lecture toute différente.
Avis de la Rédac'
Mikaua : J’ai commencé le cycle de Syffe parce qu’une connaissance avait mentionné ce titre peu avant et que je cherchais un nouveau livre dans ma librairie. Je ne savais donc rien à son sujet et j’ai commencé ma lecture en croyant avoir affaire à une trilogie – pour ma défense, c’est TRES courant en fantasy. Et franchement, j’ai eu un mal de chien à avancer dans ma lecture. Non seulement le rythme me semblait atrocement lent, mais en plus j’avais l’impression qu’on m’agitait l’intrigue juste hors de portée et que je n’en voyais que quelques éclats ici et là. Bref, vraiment une lecture très, très frustrante, et je n’avançais au final que pour voir où l’auteur voulait en venir, et en espérant que l’intrigue allait enfin se dévoiler un peu. Ce n’est qu’avec quelques recherches ultérieures, en découvrant que le cycle de Syffe devait s’étaler sur sept tomes, que j’ai enfin compris pourquoi je trouvais le rythme si lent. Pour une saga de sept tomes, là, oui, c’est tout de suite plus adapté. Et c’est grâce une remarque de Reven, qui m’écoutait râler après la lecture des deux premiers tomes que le protagoniste se faisait juste ballotter par les évènements comme un lapin dans la gueule d’un chien, que j’ai pu relativiser ma frustration. Car, comme elle l’a dit : « c’est comme dans la vie, quoi ! ». Oui, le cycle de Syffe est une saga qui se déroule davantage à la hauteur du peuple – et de son lectorat, quelque part – que les récits de fantasy traditionnels. Ca prend un temps d’adaptation, mais une fois que c’est intégré on se prend à apprécier la nouveauté de l’expérience de lecture. Le cycle de Syffe est une saga prometteuse, mais que je recommande plutôt aux lecteurs avertis. Entre le rythme lent, le récit très dense et le fait que l’intrigue semble souvent se jouer ailleurs tandis que le protagoniste en subit les conséquences, cette lecture peut se révéler très frustrante.
Sources
Les trois premiers tomes de la série
Les sites des éditions Au diable Vauvert et Folio
L’interview de l’auteur pour les éditions Folio (2021)
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