Inspiré de Ils étaient dix, les Crimes de la Maison bleue est un grand classique du roman policier japonais qui ravira tous les amateurs d’enquête. Un huis-clos sur une île qui fera travailler vos cellules grises.

crimes de la maison bleue cover

Fiche technique

  • Auteur : Yukito Ayatsuji
  • Titre : Les crimes de la Maison bleue
  • Titre original : Jukkakukan no Satsujin
  • Genre : Roman policier, Roman à énigme, Enquête, Whodunit, Honkaku
  • Editeur : Seuil, Verso
  • Nombre de pages : 384
  • Années de parution : 2026 (français), 1987 (original)
  • Niveau : Lecteur moyen

Bibliochimie

Si un alchimiste voulait recréer ce livre dans son alambic, quelles choses pourrait-il utiliser comme ingrédient ?

– Une inspiration pleinement assumée de « Ils étaient dix » d’Agatha Christie

– Des protagonistes à l’instinct de survie discutable

– Un bon mystère qui fera travailler les cellules grises des lecteurs

A quoi s'attendre ?

Un an après le quadruple meurtre qui a ensanglanté l’île Tsunojima, une partie des membres du Club des amateurs de roman policier profite de pouvoir passer une semaine sur l’île. C’est l’occasion pour ces étudiants de travailler sur les textes pour leur prochaine revue, mais surtout une occasion unique de pouvoir enquêter sur le crime, toujours en grande partie irrésolu et dont l’auteur est toujours inconnu – fautes de preuves, la police n’a qu’un suspect présumé.

Mais rapidement, des plaques de porte sur lesquelles sont écrits « Première victime », « Meurtrier » ou encore « Détective » font leur apparition inexpliquée. Mauvaise blague ? Ou menace à prendre au sérieux ? Isolés et sans moyen de quitter l’île, les membres du Club vont avoir besoin de toutes leurs connaissances des enquêtes pour s’en sortir vivants.

L'influence de l'âge d'or du roman policier/roman à énigme

Les années 1920 et 1930 ont vu paraître nombre de romans policiers ou à énigme qui sont devenus depuis des classiques, et dont les structures narratives relativement similaires ont aidé à poser les bases du genre. C’est l’époque d’autrices et d’auteurs tels que Agatha Christie, Dorothy L. Sayers, Margery Allingham, Ngaio Marsh, S. S. Van Dine, G. K. Chesterton, Ellery Queen, ou encore Georges Simenon.

Cette époque, considérée comme l’âge d’or du roman policier, a une influence encore très perceptible sur la production actuelle, que ce soit dans les romans cosy mysteries à l’anglaise, tels que les Détectives du Yorkshire, dans le nombre de séries policières qui s’inspirent de leurs mécanismes – et donnent à la campagne anglaise une certaine réputation pour les week-ends meurtriers… – ou même dans la popularité de soirées telles que les Meurtres et mystères ou les Murder parties.

Et cette influence s’est rendue jusqu’au Japon, où elle a inspiré, dans les années 80-90, toute une série d’auteurs qualifiés de « nouveaux traditionnalistes » (hin honkaku misuteri sakka) ou de « nouvelle école orthodoxe » (shin honkaku ha) – mes excuses si mes traductions françaises sont bancales, je traduis depuis une source anglophone. Ces auteurs sont depuis devenus eux-mêmes des maîtres du genre, et l’auteur des Crimes de la Maison bleue, Yukito Ayatsuji, est considéré comme l’un des fondateurs de ce style « néo-classique ».

Avis de la Rédac'

Mikaua : Si j’ai longtemps été une avide lectrice de la série de mangas Détective Conan, je n’avais jamais eu l’occasion de lire des romans policiers japonais. Et c’est notre instigatrice Reven – qui n’a décidément pas volé son surnom – qui, ayant lu le roman en anglais, me l’a rapidement conseillé. Et je n’allais certainement pas dire non à un roman inspiré de « Ils étaient dix » ! Au passage, l’inspiration est d’ailleurs tellement assumée que les protagonistes eux-mêmes font référence à l’œuvre à leur arrivée sur l’île Tsunojima. Les Crimes de la Maison bleue est un très bon roman d’énigme, je me suis très vite prise au jeu de chercher « qui l’a fait », selon la formule consacrée. Le mystère est bien posé, la résolution est crédible, et l’auteur sait user judicieusement de ses indices pour faire douter son lectorat : les fausses pistes sont nombreuses, et certaines tiennent bien la route ! Par contre, avis aux rôlistes et à celles et ceux qui s’attardent volontiers sur les personnages : vous risquez – comme moi – quelques bons moments d’agacement, voire de sidération, face aux agissements des protagonistes, qui ont vraiment un instinct de survie très peu développé, surtout pour des amateurs de roman policier. Je ne donnerai pas d’exemple précis pour ne pas divulgâcher, mais j’ai lâché à un moment « Vous tenez vraiment à filer toutes les occasions possibles au meurtrier ou quoi ?! ». Voyez-les plutôt comme des éléments du mystère qui vous est proposé, votre lecture en sera plus apaisée. Les Crimes de la Maison bleue est un très bon roman policier que je conseille vivement, et qui m’a donné envie de tester d’autres Honkaku !

Sources

– Le livre lui-même

Wikipedia


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