Club vesuvius (le) / Mark Gatiss

Un nouvel agent secret de Sa Majesté est venu se faire une place dans le paysage francophone du roman d’espionnage. Pas de double zéro pour décorer le matricule de Lucifer Box, mais l’auteur de ses aventures, Mark Gatiss, suffit largement à attirer l’attention sur lui. Mais est-ce que le roman est à la hauteur de la réputation de son écrivain ?

Couverture du club vesuvius

Fiche technique

Auteur : Mark Gatiss

Fait partie des : Aventures de Lucifer Box

Titre original : The vesuvius club

Genre : espionnage

Niveau : Bon lecteur

 

Bibliochimie

Si un alchimiste voulait recréer ce livre dans son alambic, quelles choses proches pourrait-il utiliser comme ingrédient ?

– Un anti-héros aussi insolent que décadent

– L’Europe de l’époque victorienne

– Un plein chaudron d’humour anglais

 

Un mot sur l’auteur

Mark Gatiss est l’un des principaux scénaristes de la série Doctor Who, ainsi que de Sherlock. Il est également très connu grâce à cette dernière série pour son interprétation de Mycroft Holmes, le frère de Sherlock.

 

Trois mots sur le livre

Lucifer Box, agent au service secret de Sa Majesté, fait honneur à son prénom : dandy, charmeur impénitent, empereur des faux-semblants et grand amateur de tous les plaisirs que son époque offre. Il se voit confier la mission de découvrir pourquoi plusieurs scientifiques parmi les meilleures du royaume ont été assassinés. Lucifer mène donc l’enquête, de Londres jusqu’à Naples, sans jamais perdre de vue qu’on peut facilement joindre l’utile à l’agréable.

Le Club vesuvius est écrit en « je », avec une utilisation de la focalisation interne qui reste légère : le lecteur n’est pas attiré au cœur des pensées du personnage principal, mais Lucifer lui raconte son histoire, comme au travers d’un journal, et se fait même un plaisir de digresser pour se mettre en valeur ou apostropher directement son lectorat. Les accents et défauts de langage des personnages sont volontairement rendus à l’écrit et font sourire en même temps qu’ils augmentent l’immersion.

Des illustrations en noir et blanc décorent le roman : quelques bustes de personnage se glissent entre les paragraphes, et des montages d’éléments marquants du chapitre en cours s’offrent des pleines pages.

 

Avis de la rédac’

Mikaua : le moins qu’on puisse dire, c’est que le Club vesuvius m’a surprise. Avec Mark Gatiss comme auteur, je m’attendais à tomber sur quelque chose qui sorte de l’ordinaire, et j’ai été comblée car il s’est vraiment lâché. Lucifer Box est un anti-héros qui s’assume avec une insolence indéboulonnable : orgueil, luxure, paresse (quand ça l’arrange) ; non seulement il cumule les péchés capitaux, mais en prime il se fait un plaisir d’en rajouter et de nous renvoyer ensuite notre indignation de bonne foi en pleine figure. Et le pire, c’est que, même si on s’offusque un peu, on ne peut s’empêcher d’en rire, tellement c’est bien tourné. Ceux qui cherchent l’ambiance d’un Doctor Who ou d’un Sherlock seront certainement déçus, le Club vesuvius entraîne ses lecteurs dans des bas-fonds que les deux séries télévisées n’ont au mieux qu’effleurés d’un flegme tout britannique. Par contre, on retrouve ici ou là des tournures de phrase qui vont sonner familièrement aux oreilles des fans, et ça ajoute au charme du roman. En bref, ce roman m’a surprise, et j’ai mis quelques chapitres à me faire au style d’écriture, mais au final j’ai bien apprécié ce roman et je le conseille à tous les amateurs d’humour anglais.

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